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mercredi, 21 février 2018 12:00

Vie francophone à Iqaluit : regard sur la dynamique de cette communauté du Nunavut

Écrit par  Marie-Josée Charrier



Marie-Josée Charrier, M.A. (Santé interdisciplinaire),
doctorante en sciences humaines, Université Laurentienne

Mise en contexte

Apprendre à communiquer les résultats d’une recherche est aussi important que la recherche elle-même. Les Journées des sciences et savoirs, organisées par l’Acfas-Sudbury, sont une occasion unique pour les étudiants de tous les cycles ainsi que les professeurs-chercheurs de présenter les fruits de leur travail de recherche. Pour certains étudiants, il s’agit d’une première participation tandis que pour d’autres, c’est une occasion de parfaire leurs compétences en communication orale.

Mais comment résumer rapidement et de façon efficace une recherche sur laquelle on a travaillé plusieurs mois, voire plusieurs années? Comment capter l’attention de l’auditoire sans se perdre dans un jargon incompréhensible? Comment créer une atmosphère conviviale afin de rendre la recherche scientifique pertinente, sans pour autant mettre de côté la rigueur scientifique? Ce sont les défis que doivent relever les étudiants invités à présenter leur travail.

La santé, un concept complexe

L’an dernier, c’est à titre d’étudiante à la maitrise en santé interdisciplinaire que j’ai présenté ma recherche Capital social et santé : les professionnels de la santé et les gestionnaires francophones d’Iqaluit (Nunavut).

L’objectif de ma recherche était de jeter un regard sur l’organisation de la vie francophone à Iqaluit pour saisir la dynamique qui caractérise cette communauté. De quelles façons ces individus se construisent-ils un capital social? Comment réussissent-ils à créer des réseaux sociaux à travers lesquels circulent des ressources qui peuvent contribuer à leur santé et à la santé de leur communauté?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, être en santé est « [...] un état complet de bienêtre physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »1. Même si cette définition semble imprécise, elle est, encore de nos jours, largement utilisée et elle montre l’aspect multidimensionnel de la santé. Cette définition laisse également présager que certains facteurs contribuent (ou non) à cet état complet de « bienêtre ». Ainsi, l’emploi, l’éducation, les environnements physiques et sociaux, la culture ainsi que les réseaux de soutien social sont autant de facteurs qui peuvent avoir une incidence sur la santé physique et mentale des individus.

Afin d’identifier les facteurs qui jouent un rôle dans la formation du capital social, j’ai utilisé le modèle conceptuel Capital social dans les communautés francophones en situation minoritaire développé par Bouchard et Gilbert (2005). Les résultats ont révélé que les réseaux sociaux qui se créent au sein de la communauté francophone d’Iqaluit facilitent l’intégration des nouveaux venus. Ces réseaux sociaux, qui s’articulent autour d’institutions comme l’école, la garderie et les associations francophones, offrent aux individus des moyens de briser l’isolement tout en les aidant à composer avec l’éloignement géographique, le climat nordique et le rythme de vie propre à la culture inuite.

Malgré ses limites, cette étude ouvre la voie à d’autres recherches qui, à l’aide de données sur la santé des francophones d’Iqaluit, permettraient de cerner l’incidence du capital social sur la santé des individus, de la communauté ou des collectivités.

Ma participation à la Journée des sciences et savoirs m’aura permis de peaufiner ma recherche, de clarifier ma démarche scientifique, mais, surtout, de discuter avec les gens de la communauté qui ont assisté à ma présentation. L’appui des francophones et des francophiles est important pour alimenter la recherche et susciter la réflexion et les discussions.

Venez célébrer 25 ans de savoir en français et encouragez par le fait même les étudiants de tous les cycles qui présentent leur recherche… en français!

1 Organisation mondiale de la santé (OMS). 1946. « Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé », tel qu’adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19 juin – 22 juillet 1946; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 États. Actes officiels de l’Organisation mondiale de la Santé, n° 2, p. 100 et entré en vigueur le 7 avril 1948.
Responsable de la chronique : Isabelle Carignan, Ph. D., Université TÉLUQ

Au cours des prochaines semaines, des préambules de ce qui vous attend lors des Journées des sciences et savoirs 2018 seront partagés sous la forme de chroniques dans le journal Le Voyageur afin de piquer votre curiosité!

L’ACFAS-Sudbury lance donc l’invitation à toute la collectivité pour fêter 25 ans de savoir en français!

Pour de plus amples renseignements, écrivez-nous à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . N’hésitez pas à vous joindre au groupe ACFAS-Sudbury sur Facebook, à aimer notre page et à gazouiller @AcfasSudbury sur Twitter.

Les Journées des sciences et savoirs, en partenariat avec le Symposium francophone de l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) et le Consortium national de formation en santé (CNFS), auront lieu du 5 au 7 avril 2018, à l’Université Laurentienne. Soyez des nôtres!


Lu 1809 fois Dernière modification le mardi, 20 février 2018 15:41