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mercredi, 31 janvier 2018 06:00

Bouleversements politiques

Quel weekend de bouleversements dans le paysage politique de l'Ontario! D'abord, vendredi, des allégations d'inconduite sexuelle ont forcé la démission du chef conservateur Patrick Brown. Ensuite, le caucus a élu un nouveau chef intérimaire, Vic Fedelli, et les députés ont indiqué qu'ils voulaient que Fedelli mène le parti dans la campagne électorale prévue dans quatre mois. Le lendemain, l'exécutif du parti a semé la zizanie en décidant plutôt de lancer une course à la chefferie. Et dimanche, c'était au tour du président du parti, Rick Dykstra, de démissionner à la suite d'allégations d'inconduite sexuelle.

Comment le parti se sortira-t-il de cet imbroglio et quel effet ça aura sur l'élection provinciale demeurent les plus grandes questions politiques de l'heure en Ontario.

Ce n'est pas notre intention ici de peser le pour et le contre de ces allégations ni de ces décisions. Elles ont été faites et le parti doit aujourd'hui vivre avec. Selon les dernières nouvelles, la seule décision qui pourrait changer est celle d'une course au leadeurship. Cette question a créé de la discorde entre l'exécutif et le caucus ainsi que parmi les membres du parti. Cependant, au moment d'écrire ces lignes, la décision tient toujours et il y aura une course à la chefferie.

Un seul candidat, l'ancien conseiller municipal de Toronto, Doug Ford, a indiqué pour le moment qu'il briguera les suffrages. La rumeur veut qu'il y ait d'autres intéressés. Nous verrons bien.

Entretemps, quel effet ces changements auront-ils sur l'élection? On pourrait penser que ces accusations et chicanes favoriseront les deux autres principaux partis, les Libéraux et les Néodémocrates. Mais rien n'est moins certain.

Il faut d'abord se souvenir que chaque parti jouit d'un noyau dur de partisans qui représente de 15 à 20 % de leur électorat. On peut donc dire que de 45 à 60 % des votes sont déjà acquis à l'un ou l'autre des partis. La déconfiture des conservateurs cette fin de semaine peut-elle faire bouger assez d'électeurs dans les 40 à 55 % restant pour amoindrir l'avance dont profitait le parti la semaine dernière?

Certains analystes prédisent même que les changements de ce weekend viendront plutôt raffermir le parti. Ils affirment que Patrick Brown n'était pas très aimé et qu'un nouveau chef pourrait rallier encore plus de votes.

Mais une chose est de plus en plus certaine : les conservateurs sous Fedelli semblent moins ouverts aux causes qui touchent les francophones. Brown parle français et appuyait ouvertement plusieurs de ces causes; que ce soit l'Université de l'Ontario français ou la refonte de la Loi sur les Services en français. Or, Fedelli n'est pas reconnu pour sa francophilie. Son bureau a d'ailleurs déjà démontré le peu de cas qu'il fait de la francophonie en abolissant le poste de conseillère aux Affaires francophones.

Mais est-ce assez pour perdre énormément de votes? Nous en doutons.

Lu 793 fois Dernière modification le mardi, 30 janvier 2018 21:18
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury