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mercredi, 08 novembre 2017 06:00

Manque de confiance

Plusieurs petites choses ont chatouillé mes neurones plus rebelles au cours des dernières semaines. Je vous en partage quelques-unes.

Une justice à mobilité réduite

Il semble de plus en plus difficile d’avoir confiance en notre «sainte» justice. Il n’est pas ici question de juges corrompus ou d’avocats véreux, mais plutôt d’un système qui n’est pas fait pour prendre en compte certaines subtilités de la morale et de l’éthique.

Des experts ont souligné que le mouvement #moiaussi (#metoo) était une possible conséquence du manque de confiance des victimes d’abus sexuels envers le système de justice. Un système qui les abandonne trop souvent, qui ne semble pas les croire et qui laisse les agresseurs récidiver. Ou du moins, un système qui n’a pas les outils en place pour traiter leur cas avec toute l’attention nécessaire.

Les ententes à l’amiable ne sont guère meilleure solution. Elles donnent l’impression que l’accusé est coupable, mais qu’il s’en sort avec une toute petite tape sur le portefeuille, libre de recommencer.

La présomption d’innocence est un excellent concept. Mais il met toute la pression de la preuve sur les épaules d’une victime, déjà fragilisée par ce qui lui est arrivé. Le plus souvent, c’est la parole de l’un contre celle de son bourreau.

Les agresseurs sexuels ne sont pas les seuls à pouvoir profiter de la rigidité nécessaire à un système de justice impartiale. Récemment, nous avons eu un bel exemple d’un parti politique qui a su se faufiler entre les fissures.

Ce n’est pas parce que Gerry Lougheed et Patricia Sorbara ont été acquittés qu’ils n’ont rien fait de moralement répréhensible. Offrir des emplois à gauche et à droite n’aide en rien l’idée que les gens se font de la politique et des politiciens, soit un groupe de gens riches qui se croient tout permis et au-dessus de la loi.

Et même si les faits reprochés se sont déroulés à l’intérieur d’un parti politique — ce que l’on pourrait considérer, ironiquement, comme étant encore loin du processus démocratique —, ça donne une idée de ce qu’ils pensent du vrai processus démocratique.

Le paradis à la fin de votre année financière

Parlant de gens qui font des choses légales, mais qui restent douteuses...

Pendant que la classe moyenne se débat contre un taux d’endettement record, les résidents les plus riches du Canada payent des vacances dans le sud à leur billet de banque.

Est-on vraiment surpris que des amis des libéraux soient sur la liste? En fait, on peut être surpris qu’aucun nom d’amis des conservateurs ne soit apparu pour le moment. Sont-ils meilleurs à camoufler leurs traces? Ou font-ils simplement affaire avec un cabinet financier différent?

Le ministre des Finances, Bill Morneau, sera peut-être heureux qu’on laisse sa villa française en paix un bout de temps. Ça ne veut pas dire qu’une mer calme l’attend. Il devra expliquer pourquoi il essaie de s’en prendre aux petits épargnants — ou devrait-on les appeler les «grands endettés» — avec sa réforme fiscale pendant que les amis riches de son chef et de son parti peuvent légalement cacher des millions de dollars en impôts au gouvernement canadien.

Il serait peut-être temps de ressortir l’idée que les partis politiques soient uniquement financés par de l’argent public. Comme ça, le parti au pouvoir ne gagnerait aucun avantage en votant des lois et règlements qui rendent service à ceux qui lui font le plus de dons. L’argent récupéré en impôts payerait justement cette nouvelle dépense.

Au moins...

Les modifications à la Loi sur les services policiers de l’Ontario vont au moins dans la bonne direction pour redonner confiance au public. Laisser des policiers enquêter seuls d’autres policiers manque carrément de transparence et de rectitude morale.

C’est aussi pire que de laisser les partis politiques voter les lois sur le financement des partis politiques...

Lu 1880 fois Dernière modification le mardi, 07 novembre 2017 15:57
Julien Cayouette

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