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mercredi, 22 janvier 2014 11:19

La vérité au sujet des fabulations fiscales des conservateurs

Plusieurs éléments vont à l’encontre des allégations incessantes du gouvernement de Stephen Harper, qui prétend exceller dans l’art de baisser les impôts.

Pour commencer, cela est totalement faux. La première décision fiscale des conservateurs, après être entrés en fonction en 2006, a été d’augmenter l’impôt sur le revenu des particuliers. Plus tard, à l’automne 2006, ce gouvernement a lancé le nouvel impôt douteux sur les fiducies de revenu, éliminant ainsi 25 milliards $ des comptes d’épargne de 2 millions de Canadiennes et Canadiens ordinaires. Plus récemment, M. Harper a alourdi le fardeau fiscal fédéral global lors de ses quatre derniers budgets, taxant tout, des frais de stationnement des hôpitaux aux perruques pour les patients atteints d’un cancer, en passant par les caisses populaires locales et la création d’emplois. Les allégations selon lesquelles les conservateurs diminuent les impôts des familles doivent être analysées scrupuleusement. Par exemple, Jim Flaherty, ministre des Finances, déclare qu’une «famille type de quatre personnes économise plus de 3 100 $ par année en taxes et impôts», mais tout dépend de quel type de «famille» on parle.

Il est possible de donner un exemple qui va dans le sens du modèle conservateur, avec deux parents, deux enfants, un revenu à six chiffres et des dépenses du ménage de plus de 50 000 $ par an (dont plus de 1 000 $ en éducation artistique). Cependant, pour la plupart des familles, c’est-à-dire pour 70 % des familles canadiennes, cela ne correspond tout simplement pas à la réalité.

La vaste majorité des Canadiennes et Canadiens de la classe moyenne n’ont vu aucune amélioration de leurs revenus réels pour l’essentiel des 30 dernières années. Néanmoins, le coût de la vie a augmenté et l’endettement a gonflé. Pour chaque dollar de revenu disponible, la dette des ménages canadiens s’élève à 1,64 $.

Beaucoup se demandent s’ils pourront payer les frais de scolarité de l’éducation postsecondaire de leurs enfants, leur trouver une garderie ou encore offrir des soins de longue durée dignes de ce nom à leurs parents, et ils se disent préoccupés par le fait que leur employeur ne puisse pas leur accorder de régime de pension. Près des trois quarts des Canadiennes et Canadiens pensent que leurs enfants n’auront pas un niveau de vie aussi élevé que le leur.

Et c’est sans compter le nouveau fardeau fiscal fédéral de M. Harper. Il a accusé six déficits d’affilée, ajoutant plus de 165 milliards $ à la dette globale du Canada. Cela se traduit par 5 000 $ de dette conservatrice supplémentaire qui pèse sur chaque homme, femme et enfant de ce pays, soit 20 000 $ pour chaque famille de quatre personnes. Toute prétendue diminution des impôts de M. Harper est payée par de l’argent emprunté.

La complaisance sur les besoins des Canadiennes et Canadiens de la classe moyenne et de tous ceux qui s’efforcent de s’en sortir n’a donc pas lieu d’être.

Ralph Goodale, député de Wascana et chef adjoint du Parti libéral du Canada

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La voix du Nord

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