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mardi, 17 octobre 2017 15:38

«Des ponts» entre les régions et les grands centres

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«Des ponts» entre les régions et les grands centres Photos : Courtoisie
Sudbury — En quittant son Rouyn-Noranda natal à l’âge de 17 ans pour aller poursuivre ses études en interprétation théâtrale au Collège Lionel-Groulx à Ste-Thérèse, la dramaturge et comédienne Julie Renault s’était déjà rendu compte du peu de liens qu’entretenaient les artistes de la scène de l’Abitibi avec ceux des grands centres québécois. En cofondant le Théâtre en Quec’Part à Montréal en 2015, elle espérait contribuer à remédier au problème.

«Il y a tellement de belles productions qui se font en région, mais on se demande souvent pourquoi ça ne tourne pas. On dirait qu’il manque de ponts», confie Mme Renault au Voyageur. «En se déplaçant, les artistes découvrent différents lieux et différentes thématiques, ce qui est important pour ouvrir nos esprits, pour qu’on se comprenne mieux», ajoute-t-elle.

Si le Théâtre en Quec’Part, dont la comédienne assure également la direction artistique, n’est vieux que de deux ans, Mme Renault estime être sur la bonne voie et, à témoin, la pièce Starshit coproduite en 2016 avec le Théâtre du Tandem de Rouyn-Noranda.

«Le fait de travailler ensemble nous a ouvert des portes d’un côté comme de l’autre. On a pu tourner en Abitibi, ce qui aurait été presque impossible sans le Tandem et on a eu accès aux Zones théâtrales. Le Tandem, pour sa part, n’a pas l’habitude de tourner à Montréal, ce qui a été possible cette fois-ci. Avec le partenariat, on met nos forces en commun, ce qu’on vit, ce qu’on connait, nos contacts, les artistes se déplacent, ce qui est très intéressant», indique Mme Renault.

Le spectacle a été présenté à 16 reprises au Centre du Théâtre d’aujourd’hui et à 7 reprises dans diverses Maisons de la culture montréalaises.

Il se crée aussi des ponts entre les publics du fait de l’offre variée découlant de la facilitation de la diffusion des œuvres théâtrales. L’histoire de Starshit a beau se dérouler en plein cœur de la ville de Montréal, les Abitibiens qui ont assisté à la pièce s’y sont tout autant reconnus, selon Mme Renault. «Des problématiques abitibiennes peuvent trouver écho dans les grands centres aussi», note la comédienne. Le second projet auquel s’attèle d’ailleurs actuellement le Théâtre en Quec’Part est un spectacle de contes et légendes ancrés dans le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue.

Starshit



En répondant à l’appel de son ancien camarade de classe Jonathan Caron en 2013, Mme Renault entamait ainsi le long processus de conception de Starshit. M. Caron, qui avait auparavant travaillé pour le compte d’une chaine de cafés, ne cherchait alors qu’à décrire dans son texte son expérience personnelle. Après une lecture bien reçue dans un café indépendant, la pièce a été retenue par le Centre du Théâtre d’aujourd’hui pour sa saison 2015-2016, ce qui déclencha la création du Théâtre en Quec’Part.

Sur scène, aux côtés de M. Caron et de Mme Renault, se trouvent les comédiennes Karine Berthelot et Martine Pype-Rondeau, également finissantes du Collège Lionel-Groulx.

Au Starshit de La Gauchetière — le meilleur en Amérique du Nord — où se déroule l’action du spectacle, on se prépare pour la visite du président-directeur-général Alexander McCarthy, avec qui l’employé du mois pourra se faire prendre en photo. Le texte satirique mis en scène par Luc Bourgeois se veut une parodie de la société de performance et de l’endoctrinement corporatif. «Comme spectateur, on rit beaucoup, mais il y a une grande réflexion de société derrière», déclare Mme Renault.

Les représentations de Starshit auront lieu au Théâtre du Nouvel-Ontario les 19 et 20 octobre à 20 h et le 21 octobre à 14 h et à 20 h. Plus de détails à l’adresse letno.ca.

Lu 2138 fois Dernière modification le mardi, 17 octobre 2017 15:50
Bienvenu Senga

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6210

bienvenu.senga@levoyageur.ca