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mercredi, 04 octobre 2017 06:00

L’ALÉNA n’est pas la seule corde à notre arc

NAFTA / ALÉNA, ces mots sont sur toutes les lèvres et dans tous les journaux depuis l’élection du président Trump. Tous les politiciens, journalistes, économistes, gens d’affaires canadiens se tortillent en bretzel pour tenter de prédire le résultat des négociations de cette entente de libre-échange. Un petit conseil : ne vous faites pas trop d’ulcères, le Canada a bien des cordes à son arc.

Ceci étant dit, il est clair que l’Accord de libre-échange nord-américain est très important pour les trois pays concernés : le Mexique, les États-Unis et le Canada. Peut-être même plus pour le Canada pour qui les États-Unis sont le partenaire commercial numéro un. Mais une autre chose est claire : il est impossible de prédire le résultat des négociations quand c’est une espèce de mégalomane menteur comme Donald Trump qui dicte au gré de tweets la position du plus gros partenaire.

Un autre élément important à considérer : le déclin de l’empire américain. Bien sûr, l’économie américaine est encore la deuxième plus importante au monde après la Chine, mais elle est en baisse depuis des décennies. Il est bien plus facile de faire des affaires avec un voisin qu’avec des pays situés de l’autre côté du globe. Et bien sûr qu’un éventuel démantèlement de l’ALÉNA provoquera une période d’ajustement et d’instabilité. Le Canada doit donc jouer la «long game».

Nous avons déjà des ententes de libre-échange avec plusieurs pays d’Amérique du Sud et une toute nouvelle avec la troisième économie mondiale, l’Union européenne. Et nous travaillons présentement sur la ratification du Partenariat Trans-Pacifique qui nous donnera accès à 10 pays ayant un accès côtier à l’océan Pacifique. Ces pays — le Mexique, le Chili, le Pérou, le Japon, la Malaisie, le Vietnam, Singapour, Brunei, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — regroupent 800 millions d’habitants. C’est la plus grande zone de libre-échange au monde. Voilà quelques cordes à notre arc.

En économie, la «long game» appartiendra au commerce local ou mondial. Nous continuerons à avoir de belles entreprises locales qui pourvoiront à nos besoins immédiats : épiceries, services professionnels, construction, automobiles, technologies et loisirs. Mais de plus en plus de ces produits proviendront de partout dans le monde — c’est déjà le cas — et ce n’est pas avec 35 à 50 millions d’habitants que nous ferons vivre une économie concurrentielle.

Le secteur canadien des affaires devra s’adapter à nos nouveaux partenariats. Depuis plus d’un siècle, nous faisons des affaires avec les Américains. Certaines de nos grandes entreprises sont déjà présentes un peu partout dans le monde, mais il faut maintenant que nos plus petits commerces étendent leurs ailes. Le gouvernement a déjà ouvert les portes du commerce mondial, nos entrepreneurs doivent maintenant en profiter.

Voilà ce que nos dirigeants doivent garder en tête alors qu’ils tentent de renégocier l’ALÉNA. Il faut qu’ils aient un plan B et celui-ci consiste à aider nos entreprises à mieux concurrencer sur la planète entière.

Lu 1554 fois Dernière modification le mardi, 03 octobre 2017 15:49
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury