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mercredi, 27 septembre 2017 16:05

Une nouvelle Yo Mobile pouvant accueillir le double de démunis

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Mario «Yo» Dussault est heureux de son nouvel autobus plus grand. Mario «Yo» Dussault est heureux de son nouvel autobus plus grand. Photos : Emilie Deschênes
Timmins — La nouvelle Yo Mobile est fin prête. En raison d’un important bri mécanique survenu l’hiver dernier et malgré les nombreuses visites chez le garagiste, M. Dussault a dû se procurer un nouvel autobus qui répondra encore mieux aux besoins relatifs à l’itinérance à Timmins.

«C’est sa première sortie!», lançait Mario «Yo» Dussault, fondateur, le 24 septembre au centre de l’action alors qu’un lave-auto avait lieu comme prélèvement de fonds pour la Yo Mobile.

«C’est un don de Leuschen Transportation. La compagnie de transport scolaire m’a donné un plus gros bus», affirme M. Dussault avec enthousiasme. «Il y a plus de place, donc on va pouvoir faire entrer 16 personnes à la fois. Avant, il y avait seulement huit places dans le bus. Il n’y a plus personne qui va attendre sur le trottoir. Je suis bien content.» C’est d’ailleurs le cinquième autobus à porter le nom de Yo Mobile depuis 2010.

Au cours de la dernière saison hivernale, 5 300 personnes sont montées à bord de l’autobus. Celui-ci s’installe dans le terrain de stationnement de l’hôtel de ville les vendredis et samedis de 19 h à minuit et ouvre ses portes aux sans-abris et aux démunis pour leur donner une occasion de se réchauffer, de se rassasier, d’être réconfortés et écoutés.


Le centre de l’action a organisé un lave-auto le 24 septembre afin de prélever des fonds pour la Yo Mobile.

En se basant sur les données des six dernières années, M. Dussault s’attend à accueillir plus de gens en cette septième année d’activité. «C’est bien plate à dire, mais oui. Le nombre augmente tout le temps.»

Les activités tant attendues de la Yo Mobile reprendront sous peu. «Je commence toujours la première fin de semaine d’octobre, pour six mois et peut-être qu’éventuellement ce sera un projet à l’année», déclare M. Dussault, qui en rêve depuis longtemps.

Retour à l’école

Décidé, le bénévole passe à la prochaine étape pour y arriver. «Je retourne à l’école et je vais étudier en travail social. Je vais être travailleur de rue.» Désormais soumis à des contraintes physiques en raison d’un accident, il explorera les nouvelles avenues qui se présentent à lui pour conquérir son rêve.

D’ici là, le bienfaiteur continue à récolter des dons pour maintenir l’offre de ses services aux itinérants.

«Des dons, on en a besoin, des cartes-cadeaux d’épicerie et de carburant, des soupes Mr Noodles, des gâteaux Vachon, du café, du sucre, etc.», énumère-t-il, en précisant que les gens peuvent faire des dons sur place les vendredis et les samedis soirs. Il ajoute également que le Conseil d’administration des services sociaux a offert à la Yo Mobile une subvention de 40 000 $ pour la saison 2017-2018.

M. Dussault se dit très reconnaissant. Cette organisation bénévole ne survivrait pas sans la solidarité de la communauté. «C’est moi qui vais être derrière le volant du bus. Il y a bien du monde qui vient dans l’autobus pour voir Yo, donc ça va être moi toutes les fins de semaine», affirme M. Dusseault. Comme par le passé, ce dernier sera accompagné de deux bénévoles. Des élèves du secondaire saisissent cette occasion pour accumuler des heures de bénévolat.

D’autre part, ayant lui-même un jour été confronté à l’itinérance, M. Dussault se fait un devoir de sensibiliser le public. «La semaine passée, je suis allé au CÉGEP d’Amos, au Québec, pour partager la réalité dans laquelle on vit. Je me suis aussi rendu à la Soirée des sans-abris à l’École secondaire catholique Thériault jeudi dernier», mentionne-t-il. «On est bien ouvert à ça. Si une école veut nous recevoir, on a aussi un bon jeune pour discuter de l’itinérance en français ou en anglais.»

Rappelons que la plus récente étude de dénombrement, menée par le Centre de recherche en justice sociale et politique de l’Université Laurentienne et intitulée L’itinérance à Timmins, rapport final de janvier 2011, a compté que plus de 700 personnes vivent sans abri à Timmins, où pendant cinq à six mois, la température tombe souvent sous les -30oC.

Lu 2209 fois Dernière modification le mercredi, 27 septembre 2017 16:16
Émilie Deschênes

Correspondante

Timmins

emilie@levoyageur.ca