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mercredi, 20 septembre 2017 07:00

Les francophones du Nord : une réflexion sur les statistiques

Dans le journal Le Voyageur cette semaine, vous aurez certainement remarqué un article sur les statistiques du recensement de 2016 décrivant brièvement la situation des Canadiens-Français dans le Nord de l’Ontario (vous pouvez le lire ici). La situation n’est pas déplorable, mais certains points portent à réflexion. Il y a d’abord la décroissance de notre population et le fait que de plus en plus de francophones ne parlent pas français à la maison.

Depuis 2001, la population francophone du Nord-Est a chuté de 11,4 % et celle du Nord-Ouest, de 24 %. Pas de quoi se réjouir. Nous connaissons déjà certaines causes de ce déclin. Nous savons depuis des années que nous faisons moins de bébés que nos parents. Et nous décrions depuis longtemps la nette migration des jeunes du Nord, toutes langues confondues, vers le sud de la province ou vers l’Ouest canadien.

Dans plusieurs coins du pays, la baisse du taux de natalité est compensée par l’immigration. Or, dans le Nord, nous ne réussissons pas à attirer beaucoup d’immigrants. La situation est pire dans le Nord-Est, où seulement 2 % des nôtres sont de nouveaux arrivants, la plupart provenant d’autres provinces canadiennes. Dans le Nord-Ouest, c’est presque 8 %, mais dans l’ensemble de la province c’est 22 %.

Dans un récent éditorial publié dans Le Voyageur, nous indiquions que l’arrivée récente de demandeurs d’asile haïtiens en provenance des États-Unis pourrait être avantageuse pour les francophones hors Québec. Récemment, les présidents de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario et de la Fédération des communautés francophones et acadienne reprenaient ce thème lors d’une conférence de presse nationale. Or les statistiques ne mentent pas. Il est clair que le Nord a besoin de ces nouveaux arrivants afin de maintenir le poids démographique des francophones.

Le déclin du français parlé à la maison est aussi préoccupant. En 2001, 67 % des francophones du Nord-est et 40 % des francophones du Nord-ouest parlaient français à la maison. En 2016, nous n’étions plus que 58 % (NE) et 35 % (NO) à parler français à notre famille. C’est loin d’être un gage pour l’avenir.

Il y a plusieurs raisons qui expliquent ce déclin. Les statistiques démontrent que la population de francophones qui indiquent avoir le français et une autre langue maternelle a augmenté dans les deux régions du Nord. Cela peut être dû à une hausse du nombre de mariages exogames (un parent francophone, l’autre anglophone) ou à l’immigration où les parents apprennent le français et une autre langue à leurs enfants. On peut penser par exemple à des familles du Maghreb, où les enfants apprennent peut-être le français et l’arabe comme langue maternelle.

Mais ce qui est bien pire, ce sont ces familles où les deux parents parlent français, ont même fréquenté des écoles françaises, mais, pour une raison ou une autre, ne parlent qu’anglais à la maison. Ça peut paraitre incompréhensible que des parents refusent de donner une richesse, une langue, à leurs enfants, mais nous en connaissons tous qui ont fait ce choix.

Cela est souvent une question de fierté linguistique et la solution relève de l’ensemble de notre société. Il faudrait que notre province, que nos villes et que nos entreprises commencent à valoriser le français. Mais cela est une question pour un autre éditorial.

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Lu 1177 fois Dernière modification le mardi, 19 septembre 2017 14:54
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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