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lundi, 18 septembre 2017 12:00

Un sixième ouvrage solo pour Hélène Koscielniak

Écrit par 
Un sixième ouvrage solo pour Hélène Koscielniak Photo : Claude J. Gagnon
Kapuskasing — Il y a un peu plus d'une semaine, l’auteure kapuskoise Hélène Koscielniak lançait son sixième ouvrage. Celle qui a remporté à cinq reprises le prix Littérature éclairée du Nord livre maintenant un recueil de nouvelles, On n’sait jamais à quoi s’attendre aux éditions L’Interligne.

«Des nouvelles tragicomiques, un coup d’œil indiscret quoique sympathique sur l’intimité des gens dans leur foyer», retient Mme Koscielniak de la description du livre qu’on trouve en quatrième de couverture. «C’est vrai que mes 12 nouvelles ne sont pas poétiques, ne sont pas politiques. C’est juste la vie des gens ordinaires, si je puis dire», ajoute-t-elle.

Le tarois en vedette

Une particularité nord-ontarienne ou franco-ontarienne se dégage du recueil. Pour la première fois, Hélène Koscielniak a pris la décision d’écrire les dialogues en tarois, le langage utilisé par bien des Franco-Ontariens qui mêle l’anglais au français auquel elle a décidé de donner un nom l’année dernière.

En 2016, dans la revue Liaison, Mme Koscielniak a publié un essai pour présenter ce langage souvent perçu comme populaire et propre à l’oral, proposition qui avait soulevé toutes sortes de commentaires, positifs et négatifs.

Les premières réactions de cette intégration à son roman sont à l’image du débat engendré en 2016 : diamétralement opposées, certains trouvant l’utilisation de ce langage inacceptable, d’autres y voyant le reflet réel de l’Ontario français.

«Je m’étais fait la promesse de faire connaitre ma région et les gens de chez nous», rappelle-t-elle.« C’est impossible de faire ça en utilisant un français standard dans les dialogues.» Pourtant, malgré le recours à quelques «tabarslac» dans ses écrits précédents, elle n’avait jamais fait le saut. «J’étais craintive qu’on ne me publie pas si ce n’était pas un français excellent. J’ai pris de l’assurance», consent-elle.

Après cinq romans, avoir initié et participé à un débat de fond sur la langue de l’Ontario français, Mme Koscielniak estime avoir le courage de ses convictions.

Du roman à la nouvelle

En présentant un recueil de nouvelles, Hélène Koscielniak change de cap. Son premier roman, paru il y a 10 ans, contenait plus de 500 pages. Elle a ensuite produit quatre romans, puis participé au projet Sur les traces de Champlain, à une publication courte de la maison française Didier et à BREF, un recueil d’histoires qui tiennent en 150 mots.

Elle relève donc depuis quelques années ce nouveau défi de l’écriture concise. «Une nouvelle c’est court, je ne peux pas m’étendre dans de longues descriptions de personnes ou de paysages, retient l’auteure. J’ai trouvé ça difficile de comprimer ma pensée et de vraiment m’assurer que tout était assez précis. Finalement, j’ai pris le rythme», dit-elle.

Elle qui voulait présenter une douzaine de récits brefs a aussi dû se trouver une variété de sujets à aborder pour éviter la redondance. «Après la onzième [nouvelle], je me cherchais un thème», accorde-t-elle au Voyageur en riant. «Il faut que ce soit quelque chose qui m’inspire ou qui me fait réfléchir.»

Mme Koscielniak, qui s’est toujours fait un devoir de représenter son Nord ontarien natal dans ses œuvres, estime que cette sixième offre est universelle par la psychologie des personnages. «Certainement que l’histoire qui parle des ours prédateurs, c’est particulier à chez nous», convient-elle. Les brèves descriptions de paysages évoquent aussi le Nord ontarien. Mais au-delà de ça, on retrouve des sujets humains : elle cite en exemple l’éthique et l’engagement parental dans les sports et les arnaques contre les personnes âgées. «Ce n’est pas juste ici [qu’on vit ça].»

Lu 1746 fois Dernière modification le lundi, 18 septembre 2017 12:13
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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