Imprimer cette page
mercredi, 06 septembre 2017 07:00

Avantage haïtien

Le nombre important et continu de demandeurs d’asile haïtiens qui se présentent dernièrement au Canada pourrait représenter un avantage pour les gouvernements fédéral et ontarien et pour nos communautés. Cette immigration hors norme pourrait enfin permettre à ces deux gouvernements de se rapprocher de la cible d’immigration francophone qu’ils ont établie il y a plusieurs années, mais qu’ils n’ont jamais atteinte.

On l’a vu à la télévision, on l’a entendu à la radio, la plupart de ces Haïtiens parlent français et, venant des États-Unis, plusieurs sont bilingues. Mais jusqu’à présent, personne ne semble considérer cet avantage. Ni au ministère fédéral de l’immigration, ni dans nos communautés et surtout pas au gouvernement ontarien qui, comme d’habitude, semble assis sur ses mains quand il est temps d’agir pour l’immigration francophone.

Il y a bien sûr des règlements qui régissent l’immigration au Canada. N’entre pas qui veut. Et les cas de demandeurs d’asile sont différents de l’immigration régulière. Mais il existe certains programmes qui donnent aux immigrants potentiels des points de plus pour la compétence linguistique. Le gouvernement libéral a d’ailleurs rétabli le programme «avantage francophone». Les détails destinés au personnel d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada se retrouvent sur le site web du gouvernement du Canada, étrangement, dans la section «Travailleurs étrangers temporaires» — nous avons eu de la difficulté à le trouver.

Quoi qu’il en soit, il y a dans la règlementation des avantages linguistiques. Ces règlements peuvent être rapidement modifiés par le Cabinet pour s’appliquer à cette récente cohue de nouveaux arrivants. Alors, faites-le, mesdames et messieurs les ministres.

Une fois le cas de chacun de ces demandeurs d’asile réglé par le fédéral, ce sera au gouvernement ontarien et à la communauté francophone de jouer. L’Ontario doit d’abord indiquer clairement son désir d’accueillir les arrivants qui seront admis et créer des programmes d’accueil et de création d’emplois pour ceux qui viendront. La province doit aussi collaborer avec la communauté francophone pour attirer ces créateurs potentiels de richesse.

Jusqu’à présent, le fédéral a parqué à Montréal et à Cornwall les Haïtiens récemment arrivés. Il serait normal pour ces gens de vouloir s’établir à Montréal, où vit la deuxième diaspora haïtienne en importance après Miami. Il faut donc qu’ils apprennent qu’il y a de fortes communautés francophones et haïtiennes en Ontario. Il existe trois Réseaux de soutien à l’immigration francophone en Ontario, dans l’est, le sud et le nord. Ces réseaux doivent se concerter et travailler avec les responsables fédéraux et provinciaux afin d’attirer ces réfugiés ici.

Bien sûr, ces arrivants ont été arrêtés par la police et sont probablement accusés d’entrée illégale au Canada. Il ne sera peut-être pas facile de les rencontrer, mais qu’à cela ne tienne, ce n’est que par des telles actions concrètes que nous les attirerons chez nous. En tout cas, ça vaut bien n’importe quelle belle parole dans les documents d’intention du gouvernement ou dans les livres blancs de la communauté.

Lu 2216 fois Dernière modification le mardi, 05 septembre 2017 14:20
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury