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vendredi, 01 septembre 2017 13:54

Promenons-nous dans les bois… en toute sécurité

Écrit par  Suzanne Charron

Photos : Suzanne Charron

L’automne arrive à grands pas. Son air vivifiant et ses couleurs flamboyantes donnent à plusieurs personnes l’envie de marcher dans la forêt. Et quels endroits plus enchanteurs pour le faire que dans nos parcs provinciaux, en particulier celui de Killarney.

Mais les humains ne sont pas les seuls à s’y promener : un loup solitaire et curieux s’y adonne aussi. Depuis la mi-juillet, on peut apercevoir l’animal sur la route 637 qui mène à Killarney ou parfois sur les sentiers de randonnée pédestre dans le parc. Il ne manifeste aucune crainte des humains et n’hésite pas à s’approcher des voitures stationnées sur le bord de la route, ce qui n’est pas habituel pour un loup.

D’ordinaire, ces canidés se font plutôt discrets; eux, ils vont nous apercevoir, mais pas nous.

Ce loup semble être en santé; du moins, on ne voit aucune évidence de parasites ou de maladie et son poil est beau pour un pelage d’été. Il est possible que ce soit un loup algonquin, parce que ce type de loup fréquente la région. Est-il de race pure? Ou un hybride loup algonquin/loup gris? Ou encore un croisement entre loup et coyote? Seul un test d’ADN pourrait le confirmer. Peu importe, l’essentiel c’est de noter que son comportement n’est pas normal pour un loup, de quelque espèce qu’il soit.

Souvent, quand un loup devient accoutumé à la présence humaine, c’est qu’on l’a attiré avec de la nourriture. Comme les humains, il aurait pris gout aux repas-minute. C’est beaucoup plus facile que de chasser. Si le loup est jeune — comme il m’a paru —, il n’aurait peut-être pas acquis les habiletés de chasse avant de disperser ou quitter sa meute. Cet apprentissage peut prendre deux ans de participation aux activités de chasse avec la meute.

Somme toute, ce scénario n’est pas favorable ni pour l’animal ni pour l’humain. Selon le biologiste américain, Doug Smith, plus un loup est exposé aux humains, plus les chances que le comportement de l’animal devienne imprévisible sont grandes. Il peut rôder autour pendant des semaines, voir des mois, sans qu’il n’arrive rien. Il vaut mieux alors prendre ses précautions.

Si vous rencontrez le loup sur la route de Killarney, laissez-le passer, klaxonner à petits coups et demeurer dans l’auto. Si vous le rencontrez sur la piste, gardez votre calme. Il ne faut pas l’approcher, lui tourner le dos ou se sauver en courant. Faites tout ce que vous pouvez pour lui indiquer qu’il n’est pas bienvenu auprès des humains : faites du bruit, criez, bouger les bras, grossissez-vous en soulevant le bas de votre chemise ou veston vers le haut. Ne lui donnez surtout pas de nourriture! Puis, gardez votre chien en laisse. Si vous vous sentez en danger, composez le 911 ou avisez les autorités du parc.

Ceci étant dit, un sifflet ou artifice d’effarouchement (bear banger) en main, profitez en toute quiétude de vos randonnées automnales.

Suzanne Charron, éducatrice en science du loup et auteure


Lu 2006 fois Dernière modification le mardi, 05 septembre 2017 12:41