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jeudi, 31 août 2017 12:45

Réal Tanguay investi de l’Ordre du Canada

Écrit par 
Réal Tanguay et David Johnston Réal Tanguay et David Johnston Photos : MCpl Vincent Carbonneau, Rideau Hall, OSGG
Mattice — Le gouverneur général David Johnston a investi de l’Ordre du Canada Réal Tanguay, originaire de Mattice, à Rideau Hall vendredi dernier «pour sa contribution au renforcement et à la promotion du secteur canadien de la construction d’automobile».

«On était tous réunis», raconte l’homme qui a laissé sa marque chez Toyota Canada et qui agit depuis 2015 comme président du comité du Conseil du Partenariat du secteur canadien de l’automobile pour la promotion de l’industrie automobile ontarienne sur le marché mondial. Vingt-deux de ses proches — frère et sœurs de Hearst, Mattice et Kapuskasing, enfants et petits-enfants — étaient venus célébrer ce nouvel accomplissement.

L’Ordre et le Nord

Pendant la cérémonie ont été investis un compagnon (l’auteur Michael Ondaatje), 13 officiers et 30 membres de l’Ordre du Canada, dont l’historien Chad Gaffield, l’auteur Dany Laferrière, l’homme d’affaires et de politique John Parisella et l’interprète Tanya Gillis Tagaq. «Quand on lit la citation de chaque personne, on se demande : “est-ce que je me qualifie vraiment pour ça”», dit M. Tanguay en riant. «C’était une belle cérémonie, très intéressante. Chaque personne a fait une contribution pour améliorer l’état du Canada, c’est ce qui est intéressant. Que ce soit par les arts, la science...»

Il s’avoue fier d’être du lot, mais précise qu’il garde les deux pieds sur terre. Dans les médias, Réal Tanguay répète que d’avoir grandi dans une ferme de Mattice lui a appris l’importance du travail et le sens de la communauté. «Je trouve que c’est important de garder de l’humilité. C’est ce que j’ai appris du nord. Dans le Nord, on est grounded.» Même s’il est parti depuis 45 ans, «you can’t take the North out of the boy», croit-il, rappelle qu’il a passé ses étés à l’emploi de l’usine Spruce Falls de Kapuskasing jusqu’en 1972.

De Kitchener au Japon

Embauché comme directeur général chez Toyota Motor Manufacturing Canada en 1991, il est devenu président et premier dirigeant de Toyota Motor Manufacturing Canada en 2002. Il a continué à rouler sa bosse en intégrant l’équipe de direction du Japon, le premier qui n’était pas d’origine japonaise. À un certain moment, il avait cinq cartes professionnelles, illustre-t-il en riant. «J’étais président au Canada, vice-président pour la fabrication en Amérique du Nord, managing officer au Japon, président d’une compagnie qui fait des roues en aluminium en Colombie-Britannique… J’avais beaucoup de responsabilités», décrit-il.

Il se dit particulièrement fier d’une chose : avoir créé de l’emploi au Canada. «Quand j’ai commencé à travailler chez Toyota Canada, il y avait 1000 employés. Quand je suis sorti, on était 9000. J’ai amené beaucoup de fournisseurs de pièces du Japon au Canada. J’ai dû créer 10 000 autres emplois.» Mais il ne passe jamais sous silence que c’est au Canada, sous sa direction, qu’on trouvait la seule usine à fabriquer des Lexus à l’extérieur du Japon, et ce, jusqu’en 2015.

À la retraite, M. Tanguay demeure actif. Il espère d’ailleurs livrer un rapport au Conseil du Partenariat du secteur canadien de l’automobile pour les gouvernements du Canada et de l’Ontario d’ici la fin de l’année 2017. Son prochain défi sera-t-il de mener quelques projets de rénovation dans ses maisons de Kitchener et de Collingwood? Certainement, dit-il, précisant qu’il travaille aussi avec trois universités, fait du mentorat, conseille des organisations, etc.


Lu 2119 fois Dernière modification le jeudi, 31 août 2017 16:07
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca