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mardi, 29 août 2017 16:03

Opinion : Enseigner au lieu d’effacer

Le Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario doit se réunir mercredi, à huis clos, afin de commencer la réflexion sur la demande de la Fédération des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) de changer tous les noms des écoles qui font référence à John A. Macdonald, l’un des fondateurs du Canada.

Selon la Fédération et l’enseignant de la région de Peel, Felipe Pareja, le fait que Macdonald soit également à l’origine d’atroces traitements des peuples autochtones crée un environnement hostile à l’éducation pour les jeunes autochtones.

On peut facilement s’entendre pour ne plus donner ce nom à de nouvelles écoles. Par contre, la demande de la FEEO aurait plutôt dû être : «enseignez l’histoire canadienne et des autochtones sans cacher les mauvais côtés». Dans les cours d’histoire enseignés à l’école, on ne touche pas à cet aspect de l’héritage de John A. Macdonald, comme on ignore une grande partie de l’histoire des Autochtones. Mais, comme l’ont mentionné plusieurs historiens depuis une semaine, on ne peut pas effacer du revers de la main l’histoire d’un pays. Alors qu’on essaie de réparer les erreurs du passé, ce n’est pas une mauvaise idée de se rappeler qui les a faites.

Très peu de choses sont totalement noires ou totalement blanches, il faut trouver le niveau de gris qui peut être toléré par le plus grand nombre de gens.

Dans le cas de l’école de Sudbury — Macdonald-Cartier —, le nom veut rappeler la collaboration entre anglophones et francophones lors de la création du Canada. C’est le choix (presque) parfait pour l’une des premières écoles secondaires de langue française publique de l’Ontario. Il ne faut pas ignorer l’histoire des autochtones, mais il ne faut pas ignorer l’histoire des francophones non plus.

Un entrepreneur de Montréal et membre de la Première Nation Kwantlen, Robert Jago, écrivait dans le Globe and Mail au cours de la fin de semaine que la demande de la FEEO détournait l’attention des vrais problèmes des Premières Nations. Il écrit que les femmes et les jeunes autochtones disparus à Thunder Bay, les suicides, les problèmes d’eau potable et les ratés de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées méritent beaucoup plus d’attention dans les médias que le nom de quelques écoles et bâtiments...

Je vais suivre son conseil et m’arrêter ici.
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Julien Cayouette

Directeur de l'information

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