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mercredi, 30 août 2017 10:38

Le Nord veut avoir son mot à dire sur la gestion de l'UOF

Écrit par  Andréanne Joly et Julien Cayouette
Ontario — Lundi, le gouvernement ontarien confirmait son intention de créer une université de langue française à Toronto et rendait public le rapport du Conseil de planification pour une université de langue française, déposé le 30 juin par sa présidente, Dyane Adam. Le gouvernement a aussi annoncé son intention de présenter un projet de loi à l’automne pour réaliser le projet.

Le rapport recommande que cette université ouvre ses portes en 2020 au centre-ville de Toronto, dans un carrefour «facilement accessible», souhaite le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, où se retrouveront divers services francophones. À Toronto, «on dit que 97 % des étudiants s’en vont du côté anglais, en préférant aller dans des universités qui sont près de leur domicile», plaide M. Jolin.

Cette situation pourrait servir le Collège Boréal, puisque son campus de Toronto doit quitter ses locaux de la rue Yonge en 2020. Le rapport Adam presse même le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle d’agir pour que le Collège puisse «finaliser le choix de son nouveau site d’ici la fin de l’été 2017, afin de garantir la livraison de son nouveau campus». Cet alignement présenté par Dyane Adam est bien accueilli par le Collège Boréal. «[La ministre de l’Enseignement supérieur] Deb Matthews, la ministre [des Affaires francophones Marie-France] Lalonde, la première ministre, tous les partis sont au courant de l’importance de faire avancer [notre] dossier rapidement, qu’on doit avoir des installations pour le 1er septembre 2020», indique le président Daniel Giroux.

Hearst ne veut pas attendre

Pour ce qui est du modèle d’apprentissage proposé dans le rapport Adam, le recteur de l’Université de Hearst y reconnait l’Université de Hearst, en version amplifiée. «Ils parlent de transdisciplinarité, d’apprentissage expérientiel, de l’importance des stages, des petites classes, de living labs, avec un modèle de pédagogie active plutôt que transmissive», cite le recteur de Hearst, Luc Bussières, qui appuie la création d’une université dans le Centre-Sud-Ouest et qui croit que l’accès aux études universitaires en français est aussi nécessaire dans cette région que dans le Nord de la province.

Le rapport invite l’Université de Hearst, l’Université Saint-Paul et l’Université de Sudbury à joindre la nouvelle université de langue française en 2020. «Il faudra se désaffilier (de l’Université Laurentienne, dans le cas des universités de Hearst et de Sudbury et de l’Université d’Ottawa pour St-Paul) pour se réaffilier à la nouvelle université», précise le recteur.

Dès la sortie du rapport, M. Bussières entendait approcher l’Université Saint-Paul et l’Université de Sudbury pour s’assurer d’être un partenaire actif dans la création de l’institution qui aura une incidence sur son avenir d’université de langue française en Ontario. «Il y a trop de choses en jeu pour qu’on attende de voir ce qu’ils vont faire et qu’il nous reste juste l’option de nous désaffilier de la Laurentienne et d’aller avec eux sans avoir notre mot à dire», indique le recteur et qui propose qu’un futur réseau ressemble au modèle de l’Université du Québec, qui a des campus en Gaspésie, au Saguenay, à Montréal, en Abitibi…

D’ailleurs, l’Université de Hearst est présentée dans le rapport Adam comme pionnière et experte «dans l’offre de services en contexte régional, en gestion multicampus et de petites classes, et en matière d’enseignement en bloc enrichirait le réseau de l’Université de langue française».

Sudbury veut partager

La rectrice de l’Université de Sudbury, Sophie Bouffard, confirme le désir de son institution de participer aux discussions dès le départ. «Notre intention est de poursuivre la discussion. On a vu des liens entre le type de programmation proposée et ce que nous on fait déjà», note-t-elle.

Contrairement à M. Bussières, elle hésite encore à parler d’affiliation, mais la porte est ouverte aux partages de cours, même s’il reste beaucoup de discussions et de travail à faire pour en arriver là.

«Ce qui est souhaité de toutes les institutions, c’est de ne pas fragiliser ce qui est déjà là, mais bien de bonifier et d’être capable d’offrir plus de programmation en français, d’où l’intérêt des collaborations et des partenariats», souligne la rectrice.

Mme Bouffard se réfère au rapport où plusieurs des domaines d’études suggérés sont déjà près de l’offre existante à l’UdeS. Dont le créneau de la pluralité humaine dans lequel s’insèreraient bien les cours de philosophie, d’éthique, d’études autochtones, de sciences religieuses, de «folklore et ethnologie, qui est centrée sur l’expérience franco-ontarienne, ce qui peut être centrale dans notre offre de partenariat et de travaille avec cette future entité universitaire».

Elle poursuit avec la culture numérique, également mentionnée comme domaine fer-de-lance dans le rapport, et les liens possibles avec le programme de journalisme et le Labos médias.

Un engagement trop limité

L’historien Serge Miville, originaire de Smooth Rock Falls, qui suit de près le dossier, plaide aussi en faveur du modèle en réseau et pour que la nouvelle université ne soit pas concentrée en un seul lieu.

Il aurait d’ailleurs souhaité que le gouvernement de l’Ontario s’engage fermement auprès de l’ensemble des francophones de la province plutôt que de se concentrer sur l’offre de services à Toronto.

«Le gouvernement provincial s’engage seulement à offrir la gestion “par et pour” à Toronto, pas dans l’Est et le Nord», dit-il, plaidant que des programmes offerts en collaboration avec des institutions bilingues «n’équivaut pas à la gestion “par et pour”, car ce sont les sénats des institutions bilingues qui peuvent abolir et créer des cours et des programmes en français». Pour lui, intégrer les programmes francophones à l’université de langue française est une condition sine qua non. En ce sens, l’historien estime que le rapport Adam ne va pas assez loin dans la question de la gestion de l’université de langue française.

La question de la gestion

D’ailleurs, le recteur de l’Université de Hearst souhaite en savoir plus sur le sujet, qu’il trouve abordé avec ambigüité, dans le rapport Adam. Il estime que le nombre de joueurs que le rapport suggère d’engager dans le processus de création de l’université est trop important. «J’essaie de m’imaginer comment on va assoir tout le monde autour de la table. À moins que la loi soit très contraignante, [les mentors] vont vouloir avoir leur mot à dire.»

Chose certaine, c’est que le Collège Boréal, intégré au rapport Adam, ne veut pas prendre part à la gestion de la nouvelle université. Son président, Daniel Giroux, estime qu’à titre de partenaire dans le carrefour proposé, il serait sage que le Collège soit impliqué dans le comité de planification, mais n’est pas intéressé à ce que Boréal devienne un collège universitaire.

À lire également : Éditorial de Réjean Grenier L’Université de l’Ontario français
Lu 1519 fois Dernière modification le mercredi, 30 août 2017 11:18

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