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vendredi, 11 août 2017 09:00

Mike Harris veut être le prochain commissaire aux langues officielles

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Canada — Le Voyageur a appris que l’ancien premier ministre conservateur de l’Ontario, Mike Harris, avait déposé sa candidature pour le nouveau processus de sélection du commissaire aux langues officielles du Canada, déclenché par le gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Photo : Wikipedia
L’information a été remise au journal par une personne proche de M. Harris et qui veut garder l’anonymat. L’enveloppe contenait les documents de mise en candidature de l’homme politique.

Après la débâcle provoquée par le choix de l’ancienne ministre libérale Madeleine Meilleur en juin, tout le monde insiste pour que le ou la commissaire soit quelqu’un de totalement détaché de l’arène politique. Ce détail ne semble pas inquiéter M. Harris. Dans sa lettre de motivation, il souligne même que «puisque mon allégeance et mes convictions politiques sont diamétralement opposées à celles du gouvernement en place, je serais la personne idéale pour critiquer chacune de ses décisions». Notons ici qu’il ne précise pas faire référence à des décisions qui touchent seulement les langues officielles.

Il prend également les devants face à toute critique qui pourrait émerger de sa décision de fermer l’hôpital Montfort. «Ce n’était pas une action contre les francophones, seulement une décision administrative pour améliorer l’efficacité et la synergie du système de santé ontarien. J’aurais très bien pu fermer un hôpital anglophone, mais c’est celui-ci qui avait été jugé inutile», peut-on lire.

De toute façon, il semble vouloir concentrer ses efforts à la défense des droits des anglophones du Québec. Selon M. Harris, beaucoup trop de temps, d’efforts et d’énergie ont été consacrés depuis le début du millénaire aux francophones du Canada, ce qui fait que les «pauvres» anglophones du Québec ont été oubliés. «Le commissariat ne reçoit pas assez de plaintes provenant des anglophones du Québec. Je veux faire une campagne de sensibilisation pour qu’ils pensent à porter plainte lorsqu’ils se font dire “bonjour” dans un édifice gouvernemental», élabore-t-il.

Il semble même avoir recyclé un slogan pour sa candidature, puisqu’il termine sa lettre de par : «Je ferai une révolution du gros bon sens dans la gestion des plaintes».

Nous avons demandé l’avis du président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, sur l’intention de M. Harris. Entre deux fous rires, il lui a simplement souhaité «bonne chance».

Lu 3057 fois Dernière modification le mercredi, 09 août 2017 11:40
Julien Cayouette

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