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mercredi, 19 juillet 2017 11:39

Décès de Rémi Boileau : Timmins perd un francophone convaincu

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Rémi Boileau accompagné de Louise Taillefer Rémi Boileau accompagné de Louise Taillefer Photo : Émilie Deschênes
Timmins — La communauté de Timmins a été secouée par le décès de Rémi Boileau la semaine dernière, qui a marqué la vie de nombreuses personnes par son engagement communautaire soutenu. Natif de Timmins, il s’est paisiblement éteint à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer.

Entrepreneur aux valeurs solides, M. Boileau a été copropriétaire de Goodyear Tires, du Truck Centre et de l’agence de Voyage Uniglobe en plus d’avoir été propriétaire de Royal Studio.

Il a joué un rôle actif dans la communauté de Timmins pendant de nombreuses années. Il a siégé à de nombreux comités, notamment à l’Association des marchands du centre-ville de Timmins, à la Corporation du développement économique de Timmins et au Centre de développement/The Venture Centre. On pouvait également entendre sa voix au sein d’une chorale francophone.

M. Boileau — partisan du Canadien de Montréal soit dit en passant — faisait autrefois partie du Sénat de La Ronde, un comité qui n’était plus actif jusqu’à récemment. «Quand on l’a invité à revenir au Sénat, il s’est embarqué tout de suite, sans hésitation. Il voulait s’assurer qu’on reconstruisait La Ronde et que le projet ne tomberait pas à l’eau», note le consultant pour la construction de l’édifice du Centre culturel La Ronde, Ludger Cloutier.

«C’était un gars qui ne lâchait pas», affirme M. Cloutier. Même aux prises avec le cancer, il a assisté à sa dernière réunion du Sénat du Centre culturel La Ronde en juin dernier. «À la dernière réunion, il a dit : “je ne pense pas que je vais voir la fin du projet de La Ronde”. Il a ajouté : “je vous souhaite de la chance et the very best”, comme il disait toujours.»

«Il a été là jusqu’à la dernière minute», renchérit le président du Sénat, Victor Lambert.

Selon messieurs Cloutier et Lambert, M. Boileau était une personne de confiance, de conviction et qui ne comptait pas ses heures. Si M. Boileau entreprenait un projet, celui-ci allait être mené à terme de manière efficace et sonnée.

«À cause que le projet de construction n’avance pas vite, il m’a arrêté un jour et m’a gardé sur le bord du chemin — j’étais en bicyclette — pendant une demi-heure», explique M. Cloutier. «Quand le temps est venu de sortir de l’édifice les articles qui étaient encore bons après l’incendie, il est venu avec nous.»

Son aide a été indispensable, explique M. Lambert. «Il nous a donné des idées tant au niveau de la programmation, du prélèvement de fonds que de la construction. Avec tout son bagage d’expérience, il était bien branché.»

Francophone convaincu

Le président du Sénat soulève que M. Boileau était l’un des premiers qui a voulu voir le Centre culturel La Ronde renaitre de ses cendres et à veiller à ce que l’on forge un Centre à l’image des membres de tous âges afin que la communauté franco-ontarienne d’aujourd’hui porte sa culture comme un flambeau qui sera transmis aux générations à venir.

«Rémi était un gars avec un bon jugement qui n’avait pas peur de dire sa pensée. Quand ça venait aux affaires francophones, il n’avait jamais peur de se prononcer s’il trouvait à un moment donné que la francophonie n’était pas bien représentée», lance M. Lambert.

Louise Taillefer, coordonnatrice du campus de Timmins de l’Université de Hearst, a travaillé avec M. Boileau au sein de nombreux comités communautaires, y compris le comité directeur local des festivités entourant le 400e anniversaire de la francophonie en Ontario. «Rémi Boileau était un homme passionné pour sa famille et ses proches. Toujours attentif aux besoins des francophones et des francophiles. Un autodidacte, un passionné d’histoire locale et un raconteur ainsi qu’un taquin de première classe», mentionne-t-elle.

Il s’acquittait de ses fonctions avec brio, et ce, dans l’intérêt de l’ensemble de sa communauté. Il a travaillé d’arrachepied afin qu’elle maintienne son identité culturelle, sa singularité sociale et la bonne direction en termes de développement. Sa bienveillance, son esprit entrepreneurial et sa détermination étaient une inspiration pour tous. «Rémi, ta bonne humeur, ta joie de vivre et ton savoir laissent une marque ineffaçable sur nous au Centre de développement/The Venture Centre», souligne la directrice générale, Roxanne Daoust. «You’re the very best.»

Le coordonnateur du groupe de généalogie de Timmins, Claude Poirier, raconte également que M. Boileau est venu en aide au groupe, en trouvant des fonds ou en participant aux négociations pour le don de la collection à la Bibliothèque municipale. «Il savait faire bouger les choses, et ce, toujours avec une attitude positive. Il va nous manquer.»

Lu 4665 fois Dernière modification le mercredi, 19 juillet 2017 15:56
Émilie Deschênes

Correspondante

Timmins

emilie@levoyageur.ca

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