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mercredi, 12 juillet 2017 06:00

L'anglais dans nos écoles

Dans une lettre envoyée récemment à trois conseils scolaires du sud de la province, l’ex-conseiller scolaire de Penetanguishene, Basile Dorion, se plaint de la présence accrue d’élèves anglophones dans nos écoles françaises. Il demande aux conseils de restreindre l’accès à nos écoles aux enfants anglophones qui n’y ont pas droit. Voilà une question épineuse qui est souvent soulevée, mais à laquelle il n’y a toujours pas de réponse.

La question est épineuse parce que nous devons être fiers des parents anglophones qui veulent que leurs enfants parlent français, mais parce que nous devons aussi protéger nos enfants francophones de l’assimilation. Trop souvent, nos enfants se retrouvent en minorité dans nos écoles et finissent par ne parler qu’anglais en dehors des salles de classe.

Afin de comprendre la situation, il faut d’abord savoir que la Constitution canadienne dit que des parents ayant fréquenté une école de langue française ont un droit constitutionnel d’envoyer leurs enfants dans une école de langue française, même si les enfants ne parlent pas français lors de l’inscription. C’est souvent le cas dans les familles où un parent est anglophone. Malheureusement, c’est aussi le cas dans certaines familles francophones qui ne parlent qu’anglais à la maison.

Pour ces enfants qu’on appelle des ayants droit, les conseils ne peuvent refuser l’admission. Mais le problème est exacerbé par le fait qu’il n’y a pas assez d’écoles d’immersion dans plusieurs coins de la province et que certains parents anglophones préfèrent une vraie école de langue française. Depuis plusieurs années, ils inscrivent leurs enfants dans nos écoles. Face à cet engouement, certains conseils scolaires ont adopté des politiques d’admission visant à exiger un certain niveau de compréhension du français chez les tout-petits. Mais ces politiques sont quelques fois inefficaces devant l’insistance de certains parents.

Alors, comment les conseils pourront-ils accéder aux demandes de M. Dorion, qui menace de les poursuivre si ils ne le font pas? Il n’y a pas beaucoup de solutions. La première serait de resserrer les critères d’admissibilité, mais dans ce monde où les conseils se livrent une concurrence acharnée pour les élèves, ce n’est que difficilement envisageable.

Les conseils doivent donc imaginer une solution innovatrice. Pourquoi ne pas créer des écoles ou des classes de francisation dans lesquelles on regrouperait les élèves ne sachant pas parler français? Ces écoles ou classes pourraient justement franciser les élèves anglophones jusqu’à ce qu’ils puissent joindre les rangs des élèves francophones. Supposons du jardin jusqu’à la 4e ou 6e année. Ces écoles ou classes fonctionneraient un peu comme des écoles d’immersion, sauf qu’elles seraient gérées par nos conseils, qui pourraient ainsi veiller à ce qu’elles soient vraiment des écoles de langue française.

Cette solution comporte évidemment des problèmes. Que fait-on dans une petite localité où il n’y a qu’une école et que les classes y sont trop petites pour les séparer? Il me semble cependant que nos dirigeants scolaires sont assez débrouillards pour trouver des solutions. Et peut-être que ces écoles ou classes deviendraient-elles assez populaires pour augmenter les effectifs. En tout cas, elles seraient une solution à des écoles françaises qui risquent d’assimiler nos enfants.

Lu 2941 fois Dernière modification le mardi, 11 juillet 2017 15:33
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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