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Université Laurentienne

lundi, 30 décembre 2013 10:21

Le bilinguisme en 2014 ?

L’année 2014 pourrait devenir une année charnière en ce qui a trait aux questions de l’affichage commercial bilingue et du bilinguisme municipal officiel à Sudbury. La section sudburoise de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) dévoilait deux rapports sur ces sujets lors de son assemblée générale annuelle la semaine dernière. L’ACFO maintient que ces deux questions sont parmi ses priorités pour les années à venir. Mais remarquez le pluriel à «années». C’est probablement sage.

Les deux rapports — signés Jeanne Inyibuke et Alexandru Finidori sur l’affichage et Adam Constantineau sur le bilinguisme officiel — étudient les quelques villes canadiennes qui ont adopté et mis en œuvre des politiques ou des programmes visant une certaine forme de bilinguisme. Les deux études démontrent qu’il y a toujours des obstacles à surmonter, mais qu’il est possible de faire avancer ces dossiers. Prenons d’abord l’affichage public et commercial bilingue. À Sudbury, les politiques municipale et provinciale sur les services en français assurent déjà un certain affichage bilingue, mais c’est loin d’être le cas dans nos commerces, même dans ceux possédés par des francophones!

Les villes étudiées, soit Hearst, La Nation, Moncton et St-Boniface, semblent démontrer que les mesures incitatives sont préférables aux politiques rigides. Ainsi, même à Moncton, seule ville officiellement bilingue au Canada, la Municipalité préfère convaincre ses marchands qu’il en va de leurs profits plutôt que de forcer l’affichage bilingue. Par contre, l’expérience du comté de Prescott-Russell, dans l’Est ontarien, démontre qu’une campagne soutenue de la part des francophones réussit à faire adopter des arrêtés municipaux sur l’affichage. Dans ce comté, quatre des huit municipalités l’ont fait.

Pour l’instant, l’ACFO du grand Sudbury mise plutôt sur l’expérience de Moncton. L’organisme a d’ailleurs réussi à convaincre le nouveau venu, le magasin à grande surface Target, d’afficher en français dans le Nord de l’Ontario. Des pourparlers sont en cours avec d’autres chaînes internationales. En 2014, l’accent sera mis sur nos commerces locaux dont les propriétaires sont francophones. Espérons qu’ils sauront démontrer un minimum de fierté et, surtout, un bon sens des affaires, puisqu’il y a de l’argent pour eux en bout de ligne.

Quant au bilinguisme municipal officiel, c’est peut-être là qu’intervient le pluriel dans le mot «années». Exemple : la Ville de Moncton a adopté une politique sur les services en français en 1991, mais n’est devenue officiellement bilingue qu’en 2002. Remarquez que le Grand Sudbury et la plupart des villes qui le composaient avant la fusion avaient des politiques de services en français bien avant Moncton. Nous serions donc dus. Mais encore faut-il compter sur le facteur peur.

Certains anglophones seront toujours opposés au bilinguisme officiel. Heureusement, ils sont une petite minorité. Le problème est que quand ils se sentent menacés — et ça ne prend pas grand-chose — ils gueulent fort. Donc, même les anglophones favorables et certains des nôtres n’appuieront pas le bilinguisme officiel s’ils croient que ça divisera notre communauté et mènera à la bisbille. L’ACFO et ses supporteurs devront donc démontrer beaucoup de tact et de diplomatie pour convaincre une majorité de citoyens du bien-fondé du bilinguisme officiel. Ils devront aussi proposer une forme de bilinguisme qui encourage la croissance, met l’accent sur la création d’une richesse collective et est win-win pour tous.

En tout cas, c’est mon souhait pour l’année qui vient … et pour celles qui viendront après.

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 485 fois Dernière modification le lundi, 23 décembre 2013 10:23
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