Imprimer cette page
vendredi, 23 juin 2017 00:00

Tous unis pour le journal

Écrit par 


La disparition de L’information, l’hebdomadaire du diocèse de Sault-Ste-Marie, en 1968, a donné lieu à la naissance du Voyageur. Dans la chronique de la semaine dernière, nous avons exploré les efforts consentis par le comité fondateur du Voyageur pour inciter les Nord-Ontariens à adhérer à leur nouvelle vision, mais qu’en est-il des démarches mises en œuvre pour en arriver au produit final?

Le président du comité-fondateur du journal Le Voyageur, Émile Guy, n’y va pas par quatre chemins. «C’était quasiment une œuvre de charité», dit-il. N’eût été la générosité de plusieurs personnes qui se sont données corps et âme pour prendre part à la création du nouveau journal, Le Voyageur n’existerait pas aujourd’hui.

À la première réunion du comité tenue en février 1968, il a été question, entre autres, du contenu du nouveau journal, de l’emplacement des bureaux, de l’impression, de l’abonnement et de la publicité.

Le Voyageur occupait à ses débuts les locaux du 40, rue Beech, à l’arrière du presbytère Sainte-Anne. Grâce au soutien de Mgr Alexander Carter, l’équipe a pu se servir de l’ameublement et de l’équipement de l’ancienne Presse diocésaine, moyennant la somme d’un dollar par année.

Le premier publiciste du Voyageur a été Jean-Yves Robert et la première rédactrice, sœur Simone Gamache, une ancienne directrice d’école à la retraite. Elle a signé plusieurs éditoriaux sous le nom de L’aviron. Une finissante de l’École secondaire de la Rivière des Français de l’époque, Jeannette Demers, a occupé le poste de secrétaire.

Après avoir entamé des démarches auprès du quotidien Le Droit d’Ottawa pour régler les détails de l’impression — un projet qui est finalement tombé à l’eau —, le comité s’est finalement tourné vers l’imprimerie Lebonfon de Val d’Or, qui avait une presse rotative offset. Une technique particulièrement intéressante pour l’équipe du journal qui prévoyait inclure plusieurs photos dans ses pages, cette technologie facilitant l’impression des photos.

Des recherches de financement effectuées auprès du ministère des Affaires culturelles du Québec et de celui des Échanges culturels de l’Ontario ont permis de mettre en place un programme d’échange culturel qui a donné au Voyageur un journaliste à temps plein en la personne d’Hubert Potvin, jeune journaliste à l’époque au quotidien Le Droit. L’entente a toutefois pris fin peu après, le financement n’ayant pas été renouvelé.

Les Amis du Voyageur



Outre l’appui du diocèse de Sault-Ste-Marie, qui offrait son mobilier pour la modique somme d’un dollar par année, Le Voyageur a aussi bénéficié d’un don de 2000 $ du Club du Rosaire de Sudbury.

D’autres démarches entreprises auprès du Conseil de la Vie française en Amérique se sont traduites par un don de 500 $ de l’institution.

Un comité de citoyens soucieux de l’avenir du journal, Les Amis du Voyageur, a reçu l’appui du Programme d’Échanges culturels de l’Ontario et du ministère des Affaires culturelles du Québec afin d’organiser des spectacles dont les fonds financeraient les activités du journal.

Ont ainsi été mis sur pied les spectacles de Georges Dor et de Claude Léveillée, respectivement en mai 1971 et en mai 1972, des activités ayant permis de générer une somme d’environ 2 000 $.

Dans le même cadre, l’auteur-compositeur-interprète Tex Lecor s’est produit en spectacle à Sudbury en mai 1973.

Des présentations théâtrales — Le Barbier de Séville (novembre 1972) et L’avare (novembre 1973) — ont également eu lieu.

Malgré le dévouement des Amis du Voyageur, le journal accumulera des dettes et risquera de déclarer faillite. Des discussions seront toutefois entamées vers la fin de l’année 1974 avec le père Hector Bertrand, qui fera par la suite l’acquisition du journal et le sauvera du gouffre.


Les comédiens Victor Garrivier et Michel Puterflam. Une photo promotionnelle pour la comédie L’Avare par la troupe Tréteau de Paris, présentée à Sudbury en 1973 par les Amis du Voyageur. — Photo : Archives personnelles d’Émile Guy


La couverture du programme de la pièce Le Barbier de Séville, par la troupe Tréteau de Paris, présenté à Sudbury en 1972 par les Amis du Voyageur.— Photo : Archives personnelles d’Émile Guy

Lu 1535 fois Dernière modification le mardi, 27 juin 2017 22:56
Bienvenu Senga

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6210

bienvenu.senga@levoyageur.ca