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dimanche, 15 décembre 2013 10:10

Une seule solution : la coopération

D’ici quelques années, le centre-ville de Sudbury risque d’être bien différent. En plus de l’École d’architecture, dont l’édifice principal sera terminé en 2015, quatre autres organismes planifient actuellement la construction de nouvelles infrastructures. Voilà de bonnes nouvelles pour le centre-ville, mais j’ai bien peur que s’ils ne collaborent pas entre eux, certains de ces organismes risquent de faire chou blanc.

Le premier projet à avoir été imaginé est la Place des arts du Regroupement des organismes culturels de Sudbury, le ROCS. Ce groupe inclut le Théâtre du Nouvel-Ontario, Prise de parole, le Carrefour francophone, la Galerie du Nouvel-Ontario, le Salon du livre du Grand Sudbury, le Centre franco-ontarien de folklore, la Nuit sur l’étang ainsi que les Concerts 5-Penny, c’est-à-dire à peu près tout ce qui bouge dans le secteur culturel francophone d’ici. Ce projet a été imaginé lors des États généraux de la francophonie en 2008 et obtient l’appui de toute la communauté. Il comprend une salle de spectacles de quelque 200 places, une salle de répétition, des ateliers de construction de décors et de costumes, une salle de cours, un bistro, une boutique, une microbrasserie et, bien sûr, des bureaux.

Le deuxième projet à avoir été mis de l’avant est celui d’un groupe appelé Synergy. Il n’a pas de nom français. Il est parrainé par la Fondation communautaire de Sudbury et est administré par des fonctionnaires et quelques gens d’affaires. Il prévoit la création d’un centre des congrès avec une salle multidisciplinaire de 1 400 places ainsi qu’une cuisine et un bar.

Les deux autres projets sont menés par la Sudbury Art Gallery et le Conseil des arts de Sudbury. La Galerie veut un nouvel édifice pour remplacer le musée d’art de la rue John actuellement dans la maison Bell. Le Conseil des arts, lui, imagine un immeuble incluant appartements et studios pour artistes.

Personnellement, j’aimerais bien que tous ces projets voient le jour, mais il n’y en a pas un qui peut être construit sans la participation financière des gouvernements. En ces temps de restrictions budgétaires, il est clair que les bailleurs de fonds ne les financeront pas tous. Il n’y a donc qu’une solution, la coopération. Mais pas n’importe laquelle, n’importe comment.

Le projet de Place des arts a été imaginé par et pour la communauté de langue française d’ici. Il doit être planifié, géré et administré en français. Il ne peut s’inscrire dans un grand projet où les francophones seront minoritaires au sein du conseil d’administration jusqu’à la conciergerie et où toutes les décisions seront prises en anglais.

Deuxièmement, la province a besoin de faire sa part. Jusqu’à présent, la Ville du Grand Sudbury et le gouvernement fédéral ont promis des sous pour l’étude de faisabilité de la Place des arts, mais au ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport ontarien — qui a déjà financé l’étude du groupe Synergy — on explique qu’on ne peut financer deux projets semblables dans la même ville.

Wo, wo, les fonctionnaires! Ce ne sont pas deux projets semblables. Ils ne parlent même pas la même langue! En plus, Synergy est un projet de congrès, donc de développement économique qui se fera quasi uniquement en anglais. L’autre est un projet de développement des arts, de la culture et de l’économie du plus important groupe de langue officielle minoritaire au Canada. Make it happen!

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 2600 fois Dernière modification le lundi, 23 décembre 2013 10:13
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