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mercredi, 28 juin 2017 14:00

Ce n’est pas parce qu’on vient de Hanmer qu’on ne peut pas rêver grand

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La juge Michelle O’Bonsawin lors de son assermentation le 21 juin 2017. La juge Michelle O’Bonsawin lors de son assermentation le 21 juin 2017. Photo : Courtney Cochrane
Sudbury – Ottawa — La nouvelle juge Michelle O’Bonsawin, une francophone originaire de Hanmer, est «doublement fière» de son assermentation en tant que juge de la Cour supérieure de justice à Ottawa. Non seulement est-elle la première juge Abénaquise nommée au Canada, mais son assermentation a eu lieu le 21 juin, Journée nationale des Autochtones.

Même si elle a grandi à l’extérieur de la réserve d’Odanak (Québec), les coutumes de la nation Abénaquis ont toujours été pratiquées par sa famille. Elle est très fière d’être la première Abéniquis nommée juge, mais également d’être la première autochtone — tous genres confondus dans les deux cas — nommée juge à Ottawa.

Mme O’Bonsawin a obtenu son diplôme d’études secondaire en 1992 de l’École secondaire catholique Champlain à Chelmsford. Elle a poursuivi ses études en droit à l’Université Laurentienne, à l’Université d’Ottawa et à Osgoode Hall.

Poursuivre ses rêves

Ce qu’elle aimerait que les gens retiennent de son parcours, c’est qu’avec du travail, il est possible d’atteindre ses rêves.

Toute petite, Mme O’Bonsawin avait décidé d’être avocate. Pourtant, «au secondaire, un orienteur m’avait dit “Tu sais Michelle, tu viens d’un petit village, il est possible que tu ne puisses pas atteindre ton rêve”», raconte-t-elle. Elle n’a pas accepté cette analyse et a décidé de travailler dur pour y arriver. «La persévérance, c’est la clé du succès.»


Un cousin de Mme O’Bonsawin de la réserve Odanak, Réjean O’Bomsawin, a fait un smudge après la cérémonie d’assermentation.

L’engagement au-delà du droit

D’être assermentée pendant la Journée nationale des Autochtones revêt une signification de plus pour Mme O’Bonsawin, puisqu’elle a un peu participé à l’élaboration de cette journée. «J’ai travaillé pour le ministre Ron Irwin en 1995-1996 et c’était pendant le processus de création de la première Journée nationale, donc j’étais là dès le début», raconte-t-elle.

Elle voit un vent de renouveau dans les relations entre blancs et autochtones et qu’il y a présentement un éveil aux faits qu’il y a des spécificités reliées aux autochtones. «Pour moi, un des aspects importants de la Journée nationale des Autochtones, c’est de sensibiliser les non autochtones à notre culture. Dans le passé, c’était quelque chose de caché», affirme-t-elle.

«Initialement, j’ai pensé que je ferais du droit autochtone. [Pendant mes études] en droit, j’avais pris des cours spécifiques en droit autochtone», souligne la juge. Ce n’est pourtant pas ce qui s’est produit. Son premier emploi était en droit du travail, de l’emploi et de la personne à Postes Canada. Avant sa nomination comme juge, elle s’était spécialisée en droit de la santé mentale au sein du Groupe des services de santé Royal Ottawa.

«Mais même si je ne pratiquais pas le droit autochtone, je me suis quand même engagé dans la cause», poursuit-elle. Elle mentionne sa participation aux préparatifs des festivités à la Journée nationale des Autochtones à Postes Canada et sa prise en charge du portfolio autochtone au Groupe des services de santé Royal.

De plus, la recherche pour son doctorat portait sur les sentences des autochtones et les rapports Gladue. «Une petite partie de ma pratique en psychiatrie légale était pour l’éducation sur l’influence des rapports Gladue sur les personnes autochtones.»
Lu 5530 fois Dernière modification le mardi, 27 juin 2017 20:51
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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