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mercredi, 21 juin 2017 06:00

La vie et l’œuvre du fondateur du journal Le Voyageur

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Né le 24 juillet 1936 à Chartrand Corner, entre Noëlville et Monetville, le jeune Émile Guy grandit à la ferme familiale dans une famille de 12 enfants. «En vivant dans une grande famille, on devait apprendre à travailler très tôt et chacun devait faire sa part», indique-t-il, en soulignant notamment avoir appris à traire les vaches à l’âge de cinq ans.

Après avoir effectué ses études primaires à l’École Numéro 1 de Martland, M. Guy rejoindra l’Académie de La Salle d’Ottawa avec l’intention de devenir plus tard frère enseignant. «J’aurais aimé être prêtre, mais je ne croyais pas pouvoir faire des études aussi longues», explique-t-il. Il quittera toutefois l’établissement ottavien avant la prise d’habit. «Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas être célibataire toute ma vie», avance-t-il.



Une longue carrière en enseignement

M. Guy se rendra donc à Sudbury pour y terminer ses études secondaires et, quelques années plus tard avec un brevet d’enseignement en poche, il entamera sa carrière d’enseignant à Noëlville. Le métier le conduira aussi à Hearst et à North Bay. En 1965, M. Guy devient inspecteur d’école et trois ans plus tard superintendant de secteur du Conseil des Écoles séparées catholiques romaines de Sudbury.

À ce poste, qu’il occupera pendant plus de deux décennies, il mènera une série de réformes au niveau de l’enseignement. Une série de nouveaux manuels destinés notamment à l’amélioration de l’apprentissage du français seront conçus en collaboration avec les enseignants et les directions d’école.

L’ancien enseignant et directeur d’école sudburois, Michel Chrétien, a côtoyé M. Guy sur le plan professionnel. Il se rappelle de son ancien supérieur comme étant «un homme passionné qui voyait vraiment l’éducation comme une mission et qui se consacrait pleinement à n’importe quel projet qu’il entreprenait».

La conception des manuels Nous, les étoiles du français, la mise sur pied des tournois télévisés connexes et l’introduction des ordinateurs en salle de classe — tous des projets menés sous l’égide de M. Guy — ont sans doute, selon M. Chrétien, eu des effets remarquables chez les élèves.

Le souci de la communauté

M. Guy a toujours été très engagé dans sa communauté, comme en témoignent les nombreuses distinctions qui lui ont été décernées en guise de reconnaissance de son engagement citoyen. Il a été, entre autres, président fondateur du Conseil de la Vie française, responsable de l’organisation de la Semaine française à Sudbury, membre du Conseil de la Vie française en Amérique et gouverneur du Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques.

Depuis sa retraite en 1990, M. Guy chapeaute la réalisation de l’émission hebdomadaire L’Église diocésaine, une production du diocèse de Sault-Ste-Marie diffusée sur les ondes des télévisions communautaires dans le Nord-Est de l’Ontario et sur YouTube depuis quelques années.

En entrevue avec Le Voyageur à l’occasion du 35e anniversaire de l’émission en septembre dernier, l’actuel propriétaire de la compagnie de design multimédia Reactive Design établie à Whistler (Colombie-Britannique), Marc Dionne, disait avoir pu «trouver sa niche» grâce entre autres à l’invitation que lui avait lancée M. Guy de se joindre à l’équipe de production de l’émission au milieu des années 1990.

Jusqu’à tout récemment, la Sudburoise Lucille L’Heureux demeurait à la résidence de retraite Westmount, où M. Guy se rend chaque semaine pour préparer les messes hebdomadaires. Il y anime aussi des groupes de partage de foi pendant le carême. Pour Mme L’Heureux, «l’aide de M. Guy était très importante», d’autant plus que la plupart des résidents de Westmount ne pourraient pas se rendre à la messe seuls. «Il était très généreux», note-t-elle.

Le Voyageur

Après la mort annoncée du journal L’Information publié de 1963 à 1968 par le diocèse de Sault-Ste-Marie, M. Guy n’a pas tardé à établir le comité qui fonderait par la suite le journal Le Voyageur. Il se chargera, avec l’aide des autres membres du comité, de régler les détails du fonctionnement du nouvel organe de presse, de la sélection du contenu au financement en passant par l’embauche du personnel, l’impression et la distribution du journal.

Le père Hector Bertrand, qui fera l’acquisition du Voyageur en 1975, reconnaitra d’ailleurs la contribution de M. Guy en lui décernant en 1979 le titre de président honoraire du journal Le Voyageur à perpétuité.


Le certificat remis à M. Guy en 1979 lui octroyant le titre de président honoraire du journal Le Voyageur à perpétuité.

Lu 2282 fois Dernière modification le jeudi, 22 juin 2017 15:34
Bienvenu Senga

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6210

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