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mardi, 06 juin 2017 21:53

Secoués, mais sur nos pieds

Écrit par 


Notre ancienne collègue franco-ontarienne, Priscilla Pilon, demeure à Londres, en Angleterre, depuis maintenant trois mois. Elle est témoin des états d’âme des Anglais et des Londoniens aux lendemains des attaques terroristes trop fréquentes.

Au cours des dernières années, Londres ne semblait pas être la cible principale des attentats terroristes. On entendait parler d’incidents en France et dans d’autres pays européens, mais ce vent a décidément changé de direction. Me voici à Londres depuis trois mois et trois fois le pays a été victimes d’attentats.

Ermite d’une nuit

Se rendre sur les lieux d’un incident après que la situation ait été maitrisée est une chose étrange. Les trottoirs et les restaurants, habituellement bondés de gens, sont pratiquement déserts. De mon point vu, les gens sont en état de choc. Initialement, la peur l’installe et les gens préfèrent rester à l’abri chez eux. Mais le lendemain, on dirait que pour la plupart, la vie reprend son cours, souvent comme si de rien n’était.

Peuple solidaire

Après avoir regardé le concert-bénéfice One Love Manchester organisé par Ariana Grande dimanche dernier — en réponse à l’attaque qu’il y a eu lieu à la suite d’un de ses concerts il y a deux semaines — et à écouter les politiciens, il est clair que le message que les gens essaient de faire passer est que ces attaques ne laisseront pas la peur s’installer dans leur quotidien et que le peuple est fort et solidaire. Mais, quelque part, oui, il y a un changement.

Par exemple, le lendemain de l’incident de cette fin de semaine, j’avais l’intention d’assister à un évènement qui était assez près du pont (London Bridge), mais il a été annulé par mesure de précaution. Ce n’est qu’un exemple. On voit aussi une augmentation de la force policière dans les endroits les plus achalandés. Et en ce moment, quand je me retrouve dans d’énormes foules — chose fréquente par ici! —, j’avoue que pour une fraction de seconde, la question me passe par la tête. «Suis-je en sécurité?»



Pour ma part — et pour la plupart des gens —, il est clair qu’on n’arrêtera pas de mener notre train de vie quotidien.

Regardons pour un instant du côté politique. La campagne menant aux élections de demain (8 juin) a vite repris. Il me semble que l’état ne veut en aucun cas laisser percevoir une lueur de faiblesse ou de crainte à l’ennemi.

On ne peut aborder le sujet sans penser au Brexit. Est-ce que ces attaques sont une forme de manifestation contre la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne? Certes, il serait difficile de mesurer l’impact de ce mouvement en ce qui a trait spécifiquement aux attentats, mais chose certaine, le Brexit ne fait qu’augmenter le divisionnisme et attiser les flammes des extrémistes et des terroristes.

Lu 1339 fois Dernière modification le mardi, 06 juin 2017 22:04
Priscilla Pilon

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6212

priscilla.pilon@levoyageur.ca