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mardi, 23 mai 2017 15:10

Francophonie ontarienne : une image de plus en plus floue

Erratum

Une erreur de calcul s’est glissée dans l’éditorial de Réjean Grenier la semaine dernière : Francophonie ontarienne : une image de plus en plus floue. M. Grenier a additionné deux nombres qui n’auraient pas dû l’être dans ses données sur le Conseil des arts de l’Ontario (CAO). Ainsi :

• En 2015-2016, le CAO a octroyé des subventions totalisant 50,5 millions $ — et non 102 millions $ comme mentionné dans l’éditorial;
• En 2015-2016, le CAO a remis 2,8 millions $ (2 758 136 $) par le biais de ses programmes destinés spécifiquement aux artistes et aux organismes francophones;
• La majorité des autres programmes du CAO étant bilingues, il faut compter les subventions que reçoivent les francophones de ces autres programmes. Au total, les artistes et les organismes francophones ont reçu 643 034 $ des autres programmes du CAO;
• Au total, le CAO a remis 3,4 millions $ (3 401 170 $) aux artistes et aux organismes francophones en 2015-2016 — ce qui représente 6,7 % du budget total du CAO, soit une bonne représentation pour les 6 % de francophones en Ontario, contrairement à ce qui était démontré dans l’éditorial.

Nous nous excusons auprès du Conseil des arts de l’Ontario des inconvénients causés par cette erreur.

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L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) dévoilera d’ici quelques mois deux livres blancs : un sur les arts et la culture, l’autre sur les médias. Les deux sont vraiment importants puisqu’ils touchent des secteurs qui dépeignent notre réalité. Ils nous renvoient notre image et la diffusent aux autres. Or les deux livres blancs sont particulièrement importants à ce moment-ci parce que ces deux secteurs sont en perte de vitesse.

Prenons les arts et la culture. Il faut d’abord comprendre que partout dans le monde, ce domaine est subventionné. Je vous épargne tous les chiffres, mais il suffit de dire que le financement gouvernemental au Canada se situe juste un peu plus bas que la moyenne des pays occidentaux, toute proportion de population gardée. Et la situation est bien pire quand on regarde ce qui est dépensé pour les groupes minoritaires de langue française.

En 2015-16, le Conseil des Arts de l’Ontario (CAO) a remis quelque 2,8 millions $ (corrigé) aux organismes et individus du secteur artistique francophone sur un budget total de subvention de plus de 50,5 millions $(corrigé). C’est loin des 6 % de la population que nous représentons. Il y a bien sûr d’autres organismes qui subventionnent un peu la culture, notamment la Fondation Trillium et le Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario, mais une étude de leur financement ne serait probablement pas beaucoup plus encourageante.

Au Conseil des arts du Canada (CAC), la situation n’est pas plus rose. En 2011-12, dernière année où ces chiffres sont disponibles, le CAC a remis 1,3 million $ aux francophones de l’Ontario sur un total de subventions de 135,3 millions $. De 2007 à 2012, les Franco-Ontariens n’ont reçu que 1 % des subventions du CAC alors que le Québec en recevait 32 %. Or, aux dernières nouvelles, les francophones hors Québec représentaient pourtant plus de 10 % de la population francophone du Canada.

Quant aux médias de langue française, la question est encore plus pressante. Il y a en Ontario trois réseaux de télévision, 14 stations radio et 19 journaux, tous genres et toutes formes de propriété confondus. Tous ces médias connaissent des difficultés.

Notre diffuseur national, Radio-Canada — radio et télévision — subit des compressions depuis 30 ans et continue d’être un petit réseau québécois. La chaine TFO est devenue depuis quelques années un leadeur nord-américain dans le transfert au numérique, mais le gouvernement ontarien continue de la financer comme une simple télévision éducative traditionnelle.

Les radios et journaux privés ou communautaires connaissent tous des problèmes financiers. Ils sont affectés par le virage numérique et par la diminution des publicités gouvernementales. Un exemple, le journal que vous tenez entre vos mains reçoit environ 100 000 $ de moins en publicité gouvernementale qu’il y a 7 ans. Tous ces médias ont entrepris le virage numérique, mais les ventes de publicités sur internet n’intéressent pas beaucoup les commerces locaux.

Pendant cette dégringolade, les gouvernements continuent de traiter nos médias minoritaires comme les médias anglais. Leurs situations sont pourtant tellement différentes. Si Toronto perdait un de ses trois quotidiens de langue anglaise, ce serait triste, mais pas catastrophique. Si un de nos médias communautaires ferme, c’est toute une communauté qui n’a plus accès à ses nouvelles, à sa vie. Ce serait dévastateur.

NDLR : Réjean Grenier est membre du conseil d’administration de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario
Lu 1970 fois Dernière modification le mercredi, 31 mai 2017 16:13
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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