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vendredi, 12 mai 2017 10:14

Le temps n’est plus à la réflexion pour l’Église catholique

Écrit par  Claire Pilon
Le pape François a fait plusieurs déclarations dernièrement qui portent les gens à croire qu’il y aura sous peu des changements au sein de l’Église catholique et que ce pape est ouvert aux changements.

Il y a quelque temps déjà, le pape François a déclaré qu’il mettrait sur pied une commission pour étudier la possibilité d’autoriser l’ordination des femmes au diaconat. Il faut bien comprendre qu’il va réfléchir à la formation d’une commission pour étudier cette question. On est loin de l’ordination des femmes au sacerdoce. Nous savons tous ce qui arrive souvent aux recommandations d’une commission ou d’un comité d’étude; elles sont souvent placées sur les étagères, bien éloignées des gens d’actions.

Plus récemment, le pape a affirmé vouloir réfléchir à l’ordination des hommes mariés, mais avec plusieurs restrictions. Je me demande à quoi doit-on réfléchir et pour combien de temps? L’Église réfléchit à bien des choses depuis des centaines d’années et, malheureusement, n’a encore presque rien changé.

Avant d’être considéré pour l’ordination, l’homme marié devra remplir certains critères : il doit être mur, à la retraite et engagé dans l’Église. Est-il en train de bâtir une Église de têtes blanches? Dans une société en santé, il faut y trouver des personnes de tous les âges, de toutes les professions, des gens avec beaucoup d’expérience et d’autres avec moins. L’Église ne devrait-elle pas faire la même chose? Le clergé ne devrait-il pas être formé d’hommes et de femmes, de jeunes et de plus âgées, de personnes mariées et de célibataires avec des convictions d’ouverture sur le monde?

Combien de fois des femmes préfèreraient-elles demander des conseils à une femme prêtre? Combien de couples voudraient les suggestions d’un homme marié qui connait les mêmes problèmes?

Le Christ acceptait toutes les personnes pour proclamer la bonne nouvelle. Qui peut prouver qu’il n’y avait pas de femmes parmi les apôtres et que les apôtres n’étaient pas mariés? Ce ne sont pas des dogmes, comme la résurrection du Christ. Le Christ n’a pas choisi ses apôtres en se basant sur le sexe, l’orientation sexuelle ou l’état civil des gens. Si je ne me trompe pas, je crois que le Christ n’a jamais ordonné personne. Il les a simplement choisis et invités à le suivre.

Il ne faut pas ordonner des hommes simplement pour sauver des bâtiments. Il faudrait que les prêtres mariés exécutent les mêmes fonctions qu’un prêtre célibataire. Comme dans un organisme, une entreprise ou un commerce en santé, les membres doivent accomplir différentes tâches en fonction de leur expérience, de leurs expertises et de leurs capacités.

Le temps est venu de cesser de réfléchir, d’étudier, de faire des recommandations; il faut plutôt agir avant qu’il ne soit trop tard. Trop tard pour la survie de notre Église. Les églises se vident, les bâtiments sont vendus et deviennent entre autres des terrains de stationnement et seulement un petit groupe de personnes soutient encore financièrement leur paroisse.

Tous ces changements créent un drôle de revirement de situation : les Canadiens allaient évangéliser les pays en développement et, aujourd’hui, ce sont les prêtres de ces pays qui doivent venir évangéliser les Canadiens chez eux.

Les églises qui sont encore à moitié remplies le sont en raison de leur curé qui, même s’il peut être âgé, laisse de côté les anciennes méthodes et les anciens préjugés pour s’adapter aux nouvelles réalités tout en n’oubliant pas l’essentiel.

L’Église doit absolument cesser de se questionner, de réfléchir et de faire des études. Elle doit agir afin de répondre aux attentes des jeunes et des personnes âgées qui ont souvent les mêmes besoins. Nous vivons dans une nouvelle Église avec des besoins différents et elle doit apprendre à s’adapter.

C’est dommage, mais l’Église est en train de mourir à petit feu dans notre société et si la hiérarchie ecclésiale n’agit pas, l’Église disparaitra en se laissant consommer par une société qui oublie l’essentiel. Nous devrions retourner aux concepts de l’époque du Christ, avec des petites communautés où les participants prient, partagent la parole de l’Évangile et le pain sans la présence d’un prêtre.

C’est un pensez-y-bien.

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