Imprimer cette page
mercredi, 10 mai 2017 06:00

Pour les Canadiens, l’immigration est la clé

Un sondage sur l’immigration publié en début de semaine par le Globe and Mail est une bonne nouvelle pour le Canada, le Nord de l’Ontario et la communauté franco-ontarienne. On y apprend que, contrairement aux Américains et à plusieurs Européens, la majorité des Canadiens appuient l’immigration; 80 % croient que l’immigration est bonne pour l’économie du pays.

Le sondage indique aussi que la plupart des partisans de l’immigration sont plus instruits. Ceci pourrait expliquer cela. En effet, il est difficile d’être contre l’immigration quand on comprend que, sans les nouveaux arrivants, la population du Canada diminuerait et que nous n’aurions plus assez de travailleurs d’ici quelques années. Les statistiques du dernier recensement, selon lesquelles il y a maintenant au Canada plus de personnes âgées que d’enfants, sont assez claires là-dessus. Lorsqu’on comprend cette situation, il devient doublement clair que l’immigration est capitale pour la survie du Nord ontarien et de la communauté francophone de la province.

Nous savons depuis plusieurs années que le nord souffre de l’exode de ses jeunes. Toujours selon le dernier recensement, toutes les villes du nord, sauf Sudbury, ont connu une baisse de leur population dans les derniers cinq ans. Or, une région qui perd son monde est une région appelée à disparaitre. Et cette situation est une spirale sans fin. La population diminue, donc il y a moins de consommateurs et de contribuables. Moins de consommateurs signifie une perte d’entreprises et d’emplois; moins de contribuables amène une perte de services gouvernementaux. Quand il y a moins d’emplois et de services, la population déménage. Et le cercle infernal continue.

Voilà pourquoi il faut que nos dirigeants nord-ontariens imaginent des politiques et des actions concrètes afin d’attirer des nouveaux arrivants. Ils devraient d’ailleurs relire l’éditorial «Faire grandir le nord», paru dans Le Voyageur du 19 avril et dans lequel nous donnions quelques pistes de solution.

Nos leadeurs franco-ontariens ont déjà compris l’urgence de la situation. C’est pourquoi l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) publiait récemment un Livre blanc sur l’immigration pressant le gouvernement ontarien d’adopter un plan concret pour le recrutement d’immigrants francophones. La province a établi une cible de 5 % pour l’immigration francophone, mais, jusqu’à présent, n’a pris aucune mesure pour atteindre cet objectif. (Transparence : l’éditorialiste Réjean Grenier siège au conseil d’administration de l’AFO)

Quand on sait que nous perdons près de 40 % des nôtres à l’assimilation, il devient pas mal évident que ça nous prend des gens d’ailleurs pour renflouer nos rangs. Jusqu’à présent, la migration de Canadiens des autres provinces, le Nouveau-Brunswick et le Québec en particulier, réussissait à combler notre déficit. Mais maintenant, ce sont les immigrants de pays francophones, principalement de l’Afrique, qui viennent grossir nos rangs. Sans eux, nous disparaitrons. Les mathématiques ne trompent pas!

L’attitude positive des Canadiens envers l’immigration est donc primordiale pour le Nord et pour les Franco-Ontariens.

Lu 1374 fois Dernière modification le mardi, 09 mai 2017 21:22
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury