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mercredi, 26 avril 2017 06:00

Le «timing» politique

On dit souvent qu’en politique, tout est dans le «timing». Si tel est le cas, il faut bien avouer que l’environnement politique a beaucoup changé depuis un an pour les Franco-ontariens.

Il y a trois ans, l’élection de Kathleen Wynne en tant que première ministre de l’Ontario avait donné un regain d’espoir à ceux qui réclamaient une université franco-ontarienne (UFO), une capitale et même un Ontario bilingues. Plusieurs voyaient dans son sens de la justice sociale et sa francophilie une ouverture possible pour faire avancer ces dossiers.

Un peu plus tard, l’élection de Justin Trudeau au poste de premier ministre du pays aurait créé, selon plusieurs, la conjoncture parfaite pour oser rêver. Les vieux nostalgiques voyaient en lui le grand défenseur des droits des minorités que son père a été, alors que les plus jeunes imaginaient chez lui le dynamisme du changement. Or, il faut bien avouer que le «perfect storm» s’est rapidement transformé en petite brise qui ne souffle pas ben, ben fort.

Dans ces trois dossiers prioritaires, Mme Wynne et M. Trudeau font figure de peureux. Tout ce que Mme Wynne a pu faire en trois ans pour l’université franco-ontarienne, c’est d’avouer que les francophones du Centre-Sud-Ouest sont bien mal desservis et de créer des comités d’études. Pour Ottawa bilingue, elle s’en lave les mains complètement en disant que c’est au maire francophobe Jim Watson et à son conseil de trancher la question. Quant à l’Ontario bilingue, n’y pensons même pas.

Le premier ministre Trudeau ne fait pas mieux. Jamais pendant la campagne électorale qui l’a porté au pouvoir et jamais depuis son élection à la tête du pays il n’a dit quoi que se soit qui puisse donner espoir aux francophones minoritaires. Il a cantonné la responsabilité des langues officielles au ministère du Patrimoine canadien, qui a lancé une série de consultations citoyennes afin d’élaborer un plan d’action pour les communautés de langues officielles en situation minoritaire (CLOSM), mais on attend toujours ce plan.

Le premier ministre pourrait aussi faire avancer les dossiers de l’UFO et d’Ottawa bilingue en promettant des fonds de démarrage à la ville et à la province pour ces projets. Ça pourrait balayer les réticences de politiciens qui cachent leur manque de courage derrière des budgets. Mais, au fédéral, c’est toujours motus et bouche cousue là dessus.

On voit bien que le «timing» politique n’y est plus. Depuis un an et demi, Justin Trudeau nous démontre que les Franco-Ontariens ne peuvent pas compter sur lui. Quant à Kathleen Wynne, sa popularité est au plus bas et elle ne voudra certainement pas présenter le moindre changement qui pourrait remuer l’électorat. De toute façon, elle est tellement impopulaire que tout ce qu’elle pourrait accorder aux Franco-Ontariens pourrait s’avérer un cadeau empoisonné.

Nous sommes donc revenus à la case départ. Il ne nous reste plus que nos propres dirigeants qui devront montrer les dents.

Remarquez que nous y sommes habitués et que nous avons de bons avocats. Mais c’est décevant.

Lu 1710 fois Dernière modification le mardi, 25 avril 2017 16:01
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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