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mercredi, 22 mars 2017 06:00

Il est temps de montrer les dents

Lundi, c’était la Journée internationale de la francophonie. Cette semaine, c’est aussi l’anniversaire du grand rassemblement SOS Montfort de 1997 à Ottawa. Cette mobilisation a été un des moments forts de la lutte des Franco-Ontariens pour contrer la fermeture du seul hôpital francophone de la province. Pour marquer l’occasion, les francophones d’Ottawa prévoient une semaine de festivités. Il faut bien se rappeler le passé quand nous n’avons rien eu d’autre à célébrer depuis longtemps.

Il faut bien avouer que, pour les Franco-Ontariens, les seules célébrations marquantes des dernières années ont été des commémorations. Cette année c’est Montfort, l’an passé c’était les 30 ans de la Loi ontarienne sur les services en français et en 2015 le 400e de la présence française en Ontario. Il est bien sûr important de se souvenir de nos victoires, mais il serait bien plus réjouissant de célébrer de nouvelles réalisations. Ce ne sont pourtant pas les défis qui manquent.

Depuis quatre ans, les jeunes de la province réclament une université franco-ontarienne. Pour leur part, les dirigeants franco-ontariens, appuyés par le commissaire aux services en français, réclament une modernisation de la loi pour qu’elle s’applique à l’ensemble de la province et ait plus de mordant. Les francophones d’Ottawa et une part importante de la population canadienne, eux, veulent une capitale bilingue. Voilà des revendications qui pourraient avoir des effets positifs sur la vie francophone en Ontario, mais tous les niveaux de gouvernements y sont parfaitement sourds.

Les dirigeants franco-ontariens ont pourtant joué le jeu. Depuis plusieurs années, ils sont gentils, gentils avec tous les gouvernements. Ils participent aux consultations, ils tiennent des réunions régulières avec les fonctionnaires et avec les ministres. Dans un but non partisan, ils rencontrent même les partis d’opposition. Ils se plient aux exigences de plus en plus contraignantes des demandes de subvention, ils fournissent des rapports de plus en plus complexes à des gouvernements qui en demandent toujours plus. Ils dépensent une somme d’énergie bénévole immense pour présenter des revendications sérieuses. Tout ça pourquoi? En apparence, pas grand-chose.

Le niveau de financement de nos organismes et de nos institutions est stagnant depuis des années. Certaines de nos organisations sont à l’agonie, d’autres vivotent. Et pendant ce temps, les gouvernements nomment des comités, font des études et nous abreuvent de beaux discours en espérant que nous ne constaterons pas qu’ils nous traitent comme des citoyens de second ordre. Ce petit jeu doit cesser.

Il est temps pour le leadership franco-ontarien de montrer les dents. Il faut que nous disions aux gouvernements provincial et fédéral que leurs feuilles de route, leurs plans d’action et leurs cibles ne sont que fumisterie. Que nous voulons des actions concrètes.

Il y a en Ontario plusieurs circonscriptions où les Franco-Ontariens pourraient faire une différence politique. Il est peut-être temps que nous commencions à jouer la vraie game.

Lu 2157 fois Dernière modification le mardi, 21 mars 2017 12:38
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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