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mercredi, 15 mars 2017 06:00

L’anglais, la langue de la réussite?

À l’automne et en janvier, les professeurs de l’Université Laurentienne Julie Boissonneault et Simon Laflamme révélaient les grandes lignes de leur étude qui tentait de saisir les raisons derrière la décision de jeunes francophones de quitter les écoles de langue française et de s’enrôler dans celles de langue anglaise.

Ils ont constaté que plusieurs éléments pouvaient influencer cette décision, comme les amis, la relation avec les parents, avec le personnel scolaire, leur utilisation du français dans leurs communications...

Par contre, ce que moi j’ai trouvé le plus intéressant, et qui mérite une action immédiate et à long terme, c’est leur constatation que beaucoup de ces jeunes avaient une perception erronée de la place du français dans le monde. Des perceptions sans fondements qu’ils «autorenforcent» à coup de stéréotypes. Ces idées préconçues sont de l’ordre de «je ne peux pas perdre mon français», «il n’y a pas d’argent à faire en français», «la science dans le monde évolue en anglais», etc.

«Quand tu as la vérité de ton côté, ça ne va pas si mal», avait déclaré M. Laflamme pendant la présentation d’octobre, en insistant qu’il était possible de briser ces idées inventées avec la vérité. L’autofiction semble cependant rattraper la vérité.

Comme pour donner raison aux résultats de Mme Boissonneault et M. Laflamme, j’entends parler d’étudiants de programmes francophones de l’Université Laurentienne qui font le choix d’écrire leur thèse en anglais afin d’améliorer leurs chances d’être publiés.

Dans le cadre de la Semaine de la recherche de l’Université Laurentienne au début mars, il y avait également le Symposium des études supérieures, pendant lequel des étudiants à la maitrise et au doctorat présentent leur projet de recherche. Dans l’horaire, on pouvait constater que deux étudiantes francophones — avec des recherches touchant la langue française — préparent et présentent leur recherche en anglais.

Radio-Canada et TFO nous rapportent depuis 2015 qu’une très large majorité des finissants francophones des programmes de sciences infirmières en français au Canada choisissent de réaliser l’examen d’accès à la pratique en anglais. En Ontario en 2016, sur 120 étudiants francophones répartis entre l’Université Laurentienne et l’Université d’Ottawa, seulement 16 — et seulement d’Ottawa — l’on fait en français.

Les raisons données par les étudiants qui ont choisi de faire l’examen en anglais vont de la mauvaise qualité de la traduction de l’examen au manque de ressources en français pour s’y préparer. L’une d’entre elles dit même regretter son choix d’avoir étudié en français.

On a eu le gout de les pardonner lorsqu’on a appris, il y a une semaine, que le taux de réussite de 2016 de ceux qui ont complété l’examen en français en Ontario est de 37,5 %, contre 84,6 % pour les francophones qui l’ont fait en anglais.

Nous ne sommes plus au niveau secondaire, étudié par les deux professeurs de la Laurentienne, mais les stigmates semblent être les mêmes. Ce qui est plus alarmant, c’est que les résultats à l’examen en français pourraient nous faire croire que ce n’est plus une fausse perception : le français les a fait échouer!

On a le droit de se demander si le français de l’examen est vraiment pourri, comme le soutiennent des traducteurs qui l’ont lu ou même si c’est le niveau de français des étudiants qui a fait défaut. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une défaillance du système d’éducation qui devient une preuve sur laquelle pourraient s’accrocher des jeunes francophones indécis. C’est exactement le genre de choses auxquelles il faut s’attaquer pour éviter «l’exode langagière» des jeunes francophones.

Et le manque de ressources, pourquoi n’y a-t-il rien en français alors qu’on est voisin d’une province qui compte huit-millions de francophones? Ils ont des infirmières aussi! Ah... Le Québec n’a pas suivi le reste du Canada en 2015 dans l’implantation du nouveau test provenant des États-Unis. Ils ont fait leur propre truc, comme d’habitude.

C’est un peu comme se faire abandonner par son grand frère dans le milieu du magasin de jouets. Aucune aide du seul qui peut comprendre le piège dans lequel on se retrouve, entourés que nous sommes par tout ce qui veut abuser de notre curiosité enfantine.

Lu 1171 fois Dernière modification le mardi, 14 mars 2017 12:42
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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