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mercredi, 22 février 2017 06:00

La recherche universitaire et le savoir local

La semaine dernière, la Société historique du Nouvel-Ontario présentait une miniconférence sur les fêtes nationales. L’historien Joël Béliveau, de l’Université Laurentienne, a diverti et a enseigné des choses à la trentaine de personnes qui s’étaient déplacées au centre-ville de Sudbury pour l’écouter. Cette présentation démontre la place qu’une institution postsecondaire doit occuper auprès de sa communauté-hôte. Malheureusement, plusieurs professeurs et autres membres du personnel de la Laurentienne ne semblent pas comprendre ce rôle.

Le rôle qu’une université doit tenir afin de rehausser le niveau de connaissances de la communauté qui l’entoure est souvent l’affaire d’une poignée de professeurs et d’administrateurs engagés. Les autres ne sont ici que pour leur propre développement et pour se bâtir une réputation sur notre dos. Ils doivent être plus présents dans la communauté.

Du 27 février au 3 mars, l’Université célèbrera la Semaine de la recherche. Pour l’occasion, la Laurentienne publie un magazine, La Clé / The Key, soulignant le travail exceptionnel de ses professeurs et chercheurs en 2016. Ils n’ont pas chômé. Leurs succès ont d’ailleurs été reconnus par un nombre impressionnant de bourses de recherche et de prix nationaux et internationaux. On ne peut qu’en être fiers.

Le problème est que le savoir qui résulte de ses recherches est rarement partagé avec la communauté de Sudbury. Les chercheurs présentent quelquefois leurs résultats à leurs pairs œuvrant dans les mêmes secteurs, tels le secteur minier ou les finances. Et, bien sûr, ils présentent leurs résultats lors de conférences nationales et internationales — Edmonton, Toronto, États-Unis, Brésil, Norvège, Irlande, entre autres. Il est important que la Laurentienne puisse ainsi rayonner de par le monde, mais il devrait être aussi important de présenter ces succès au monde ordinaire du nord de l’Ontario.

Quelques suggestions :
  1. L’université publie déjà sur son site web de courts rapports hebdomadaires sur la recherche. Ceux-ci devraient être systématiquement envoyés aux médias locaux. Nos journaux de langue anglaise pourraient ainsi délaisser de temps en temps les nouvelles de la police et publier quelques reportages sur ces recherches qui mettent Sudbury sur la carte du savoir.
  2. L’université offre déjà un programme — en anglais seulement, hélas — en communication scientifique. Pourquoi ne pas jumeler les enseignants de ce programme avec les scientifiques pour vulgariser les recherches les plus méritantes et les présenter au grand public deux ou trois fois par année. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas organiser quelques-unes de ces présentations dans nos écoles secondaires, histoire de mousser l’intérêt de nos jeunes pour la science et le savoir?
  3. L’université devrait valoriser professionnellement — on parle ici d’avancement, de nominations, de salaires, etc. — les professeurs qui, comme l’historien Joël Béliveau et d’autres, offrent gratuitement leurs connaissances à la communauté.
Tout ça pour rehausser le savoir au sein de notre communauté. Après tout, le savoir n’est-il pas la vraie richesse?

Lu 2670 fois Dernière modification le mardi, 21 février 2017 16:51
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury