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jeudi, 09 février 2017 15:58

Un avenir incertain pour un centre d’apprentissage en forêt

Écrit par 
Henri Ménard Henri Ménard Photo : Éric Boutilier
North Bay — Le Chantier, un organisme sans but lucratif qui se spécialise dans la formation et la récréation en plein air, pourrait fermer ses portes d’ici 2021 si son fondateur, Henri Ménard, est incapable de trouver un successeur pour prendre la relève de ses activités et de la direction de son centre «d’écoéducation».

Pendant près de trois décennies, M. Ménard et son équipe de bénévoles ont formé au-delà de 66 000 personnes à identifier des arbres et des animaux, à s’orienter à la boussole et à la carte ainsi que comment survivre en forêt. Par contre, ce franco-ontarien octogénaire natif d’Embrun dans l’Est ontarien ne peut plus garantir si sa santé va lui permettre de continuer à offrir ses cours pendant encore longtemps.

«J’arrive à 82 ans. Heureusement, je suis en bonne santé. Je crois que ma santé va me garder encore pour quelques années», affirme M. Ménard. «Ici, au Chantier, on a déjà des réservations de différents pays du monde pour un autre quatre ans. Je leur ai dit qu’on va les honorer tant que ma santé est correcte. Mais on ne prendra pas de nouvelles réservations.»

Pendant plusieurs années, l’équipe du Chantier a reçu des centaines de témoignages et de remerciements d’anciens participants et de leur famille. Selon M. Ménard, ces personnes ont été reconnaissantes de la formation obtenue au Chantier lorsqu’elles se sont retrouvées dans une situation de crise ou d’urgence en plein milieu de la nature.

«Nous savons que nos cours de survie en forêt ont sauvé la vie de plusieurs personnes, dont 42 qui s’en allaient vers l’ouest de la baie d’Hudson. Ils ont fait un atterrissage d’urgence. Quand l’avion est descendu, certains voulaient rester dans l’avion, mais le pilote leur a dit qu’en raison des vapeurs d’essence, personne ne devait rester dans l’avion. Un des passagers, qui avait été formé au Chantier, a trouvé trois pelles à neige à l’intérieur de l’avion. Il a demandé à tout le monde de bâtir un gros abri de neige. Ces gens sont restés assis sur leurs valises pendant 15 heures [avant l’arrivée de l’hélicoptère de sauvetage]», raconte M. Ménard.

Apprendre à respecter l’environnement

Regardant vers l’avenir, M. Ménard espère que l’humanité développera une plus grande responsabilisation envers l’environnement et la planète. Selon lui, l’humain a intérêt à protéger non seulement son patrimoine, mais aussi à laisser un héritage naturel.

«L’environnement, c’est comme un compte de banque. Si on continue de prendre des sous de notre compte de banque, sans tenir compte de ce qu’il reste, un jour, peut-être qu’il n’en restera plus. C’est pareil avec l’environnement», souligne-t-il. «Malheureusement, la population est en train d’augmenter continuellement. On ne voit que de l’expansion dans les grandes villes où on bâtit sur des terres cultivables. On ne sait pas encore si on va pouvoir vivre sur la lune, car il n’y a personne qui a trouvé quelque chose qui pourrait nous faire vivre là. Donc il faut vivre sur la Terre», dit-il ironiquement.

Lu 2399 fois Dernière modification le jeudi, 09 février 2017 16:08
Éric Boutilier

Correspondant

North Bay et Nipissing

Sports

eric.boutilier@levoyageur.ca

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