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jeudi, 28 novembre 2013 14:26

Prenez garde au chat qui dort

La communauté francophone du Nord de l’Ontario semble bien se porter. Par exemple, à Timmins, la nouvelle image de marque comprend une version française, non seulement une «translation» (ou mauvaise traduction si vous préférez) de la version anglaise, mais bien une version française choisie par les francophones de Timmins, qui se sont mobilisés et organisés pour présenter une bonne version française.

À North Bay, le maire a participé au lancement de la campagne Parle-moi s’en!, qui incite les francophones à faire la promotion de leurs activités, mettant de l’avant la francophonie dans la ville. Il a même porté une cravate franco-ontarienne le 25 septembre.

Ce sont des gestes qui sont importants. Ils démontrent un certain esprit d’ouverture, ou du moins une reconnaissance de l’existence des francophones dans ces régions.

À Sudbury, la vitalité de la scène culturelle francophone, avec des organismes qui travaillent ensemble, est une force en elle-même. On n’a qu’à regarder tous les spectacles qui s’offrent aux francophones. On a même accueilli les Jeux de la francophonie canadienne!

Des organismes comme le RÉFO et l’AFO profitent de l’occasion, depuis quelques semaines, pour cerner les besoins des francophones de l’Ontario au niveau des études postsecondaires. Une consultation à Timmins il y a quelques semaines et une autre à Sudbury samedi dernier sont génératrices de réflexions : nous avons des conseils scolaires francophones forts, le Collège Boréal fort, des communautés francophones fortes. Quel est l’avenir de l’éducation postsecondaire ? Quel forme aurait une université franco-ontarienne ? Ce sont là des questions importantes que nous aborderons plus tard.

Il faut rester aux aguets, car la conscientisation des anglophones peut entraîner des dérapages. En voulant bien faire, des représentants anglophones peuvent nous causer plus de tort que de bien. Un exemple : le cinéma SilverCity Sudbury présente, depuis le début octobre, des films en français récents tous les lundis soir. C’est un projet pilote. Mais personne ne le savait, ou très peu de gens. Les deux premiers soirs, il y n’avait que sept et quatre personnes dans la salle respectivement. Et ce sont des films récents tels que Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde, qui a été présenté lors de Cinéfest en septembre! La communauté francophone a commencé à se passer le mot et le nombre de spectateurs, heureusement, a augmenté. La semaine dernière, il y avait plus d’une soixantaine de personnes.

Une chance, car nous savons bien trop ce qui peut arriver : les anglophones font preuve d’ouverture en réalisant un projet pilote pour les francophones, mais les résultats démontrent qu’il n’y pas assez de demande. Les grands patrons et analystes de Cineplex Entertainement, bien assis à Toronto, regardent les faits qui démontrent le faible nombre de spectateurs et, ainsi, toute demande ultérieure pour des films en français pourrait être écartée du revers de la main, preuve à l’appui. «On a essayé par le passé, mais il n’y pas assez de demande», serait l’argument massue. Heureusement, la communauté s’est mobilisée. Une étude mal organisée avec des résultats négatifs s’est transformée en étude présentant favorablement l’intérêt des francophones pour les films en français (qui sont sous-titrés en anglais, soit dit en passant).

Ce qui est dommage, c’est qu’avec un peu de publicité, pas seulement le bouche-à-oreille, ce projet pilote aurait pu réellement évaluer si le nombre de francophones qui veulent voir des films dans leur langue sur une base régulière est assez grand. Les décideurs de Cineplex auraient un portrait plus juste de la véritable demande.

C’est un exemple de surveillance nécessaire lié à Sudbury, mais qui guette toutes les communautés francophones. L’image de marque de Timmins est un autre exemple. Il faut se réjouir du progrès que nous avons accompli comme communauté francophone et reconnaître les efforts de nos collègues anglophones. Mais il faut surveiller comment ils s’y prennent. Sinon, un acte de bonne volonté peut se transformer en un obstacle nuisible. Il faut rester vigilant!
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