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mercredi, 21 décembre 2016 06:00

L’Ontario français 2016, pas un grand cru

Comme je l’écrivais dans ces pages la semaine dernière, le temps des Fêtes est un temps de réjouissances et d’amour avec la famille et les amis. Mais c’est aussi un temps d’introspection, de retour sur l’année qui vient de s’écouler afin de célébrer nos réussites et surtout de rajuster le tir sur nos omissions ou défaites.

En 2016, nos gouvernements n’ont pas été bien généreux envers les Franco-Ontariens. Après tout le tralala entourant, l’année dernière, les célébrations du 400e anniversaire de la présence française en Ontario, nous aurions pu croire que la lancée se poursuivrait. Eh bien, non. Ni de la part de la province, ni du gouvernement fédéral.

En Ontario il y a bien eu quelques gestes symboliques — on pense aux excuses pour le Règlement 17 et à l’adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie —, mais rien de majeur dans les dossiers qui comptent vraiment. Par exemple, dans le dossier de l’université franco-ontarienne, le gouvernement ne nous a servi qu’une demi-mesure en nommant un comité qui doit voir à la création d’une petite institution dans la région de Toronto. On est loin de la vraie université que les jeunes Franco-Ontariens demandent depuis quatre ans et que la communauté réclame depuis plus de 40 ans.

Il y a aussi eu deux décisions à Queen’s Park qui n’ont pas encore porté leurs fruits, mais qui pourraient aboutir en 2017. D’abord, le rapport du Commissaire aux services en français qui réclame une modernisation de fond en comble de la Loi 8. La première ministre Wynne a déjà indiqué être ouverte à cette proposition. Nous verrons bien. Il y a aussi eu la nomination de Marie-France Lalonde au poste de ministre déléguée aux Affaires francophones, à la suite de la démission de Madeleine Meilleur. Jusqu’à présent, Mme Lalonde dit les bonnes choses, mais semble jouer défense pour le gouvernement plutôt qu’attaquante pour la communauté. Mais elle arrive, donnons-lui la chance au coureur en 2017.

Au fédéral, pas grand’chose pour nous non plus. Une avancée : le rétablissement d’une politique favorisant l’immigration de francophones afin d’atteindre la cible de 4 % que le pays s’est donnée. Pour le reste, le statuquo. Pas de loi garantissant le bilinguisme des juges de la Cour suprême même si le premier ministre a nommé un juge bilingue cette année. Une seule nomination franco-ontarienne au Sénat alors que la communauté en attendait deux — ceci étant dit, la nouvelle sénatrice Lucie Moncion en vaut peut-être deux.

Sur une note plus optimiste, on a entendu parler d’un renforcement de la Loi sur les Langues officielles et on a connu d’importantes consultations sur le Plan d’action du gouvernement pour les minorités de langues officielles. Lors de ces audiences, la ministre responsable, Mélanie Joly, et son secrétaire parlementaire, Randy Boissonneault, ont même prédit une hausse de l’enveloppe budgétaire affectée à mousser la vitalité de ces communautés. On a hâte.

Donc, comme pour le repas de Noël, espérons que la table est bien mise et que nous aurons de bonnes choses à nous mettre sous la dent en 2017.

Lu 2393 fois Dernière modification le mardi, 20 décembre 2016 15:58
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury