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mardi, 20 décembre 2016 14:50

Faire de sa passion son gagne-pain

Écrit par 


Sudbury — Joelle Lavoie et Moe Charette sont deux francophones passionnés de science-fiction, de monde fantastique et de jeux vidéos. Tellement en fait qu’ils ont ouvert leur propre boutique de produits dérivés, MojoVerse, et ont d’ailleurs fêté le premier anniversaire de leur entreprise le 17 décembre.

Si on leur demande ce qu’ils aiment le plus, M. Charette répond «Star Wars!» avant même qu’on ait terminé de poser la question et ajoute Doctor Who aussi rapidement. Mme Lavoie confirme : «notre appartement est plein de choses de Star Wars, dont des [répliques d’objets des films] et des sabres laser».

M. Charrette a été initié à la première trilogie de Star Wars par sa gardienne quand il était très jeune. Sa passion s’est consolidée à 8 ans après avoir vu le premier film de la deuxième trilogie (La menace fantôme) au cinéma en 1999.

De son côté, Mme Lavoie est une gamer. «Je joue depuis que je suis très jeune et Nintendo est ma compagnie favorite», affirme-t-elle. «C’était un peu plus difficile pour moi, parce que ce n’était pas aussi commun pour les filles de jouer à des jeux vidéos, alors je n’avais pas beaucoup d’amis avec qui jouer», raconte-t-elle sur sa jeunesse. Elle est d’autant plus heureuse que cette forme de divertissement soit de plus en plus répandue et populaire. On associe généralement le terme geek aux très grands amateurs de jeux vidéos, de science-fiction et de dessins animés, mais M. Charette élargit un peu la définition à «quelqu’un qui aime beaucoup quelque chose, comme les arts ou la musique».

L’idée pour combler un manque

En couple depuis 10 ans, ils visitent FanEXPO — l’exposition de jeux vidéos et de produits dérivés qui a lieu à Toronto chaque année — depuis 8 ans. Au fil du temps, ils ont commencé à se demander pourquoi, en Ontario, ce genre de produits était seulement facile à trouver à Toronto.

«Après 8 ans, on s’est dit que quelqu’un devrait ouvrir un magasin à Sudbury, mais personne ne voulait [tenter sa chance], alors on a décidé de le faire», explique M. Charette.

La première exposition d’art geek et de produits dérivés de Sudbury en juin 2015, Graphic-Con, a été pour eux la preuve qu’il y avait une clientèle pour ces produits dans la région. «Quand on a vu la quantité de personnes qui voulaient faire la file pendant des heures pour entrer (environ 4000), on a vu qu’il y a beaucoup de gens qui aiment ça dans la région», raisonne M. Charette.

«Les gens qui entrent ici pour la première fois disent souvent “Enfin, il y a quelque chose à Sudbury pour ça” et ils veulent nous voir réussir», enchaine Mme Lavoie.

Elle dit avoir remarqué l’effet du jeu Pokémon Go, mais les produits de cette franchise sont les plus populaires depuis longtemps. «On vend beaucoup de toutous», dévoile-t-elle.

«J’essaie d’avoir plusieurs produits pour les femmes, parce que c’est plus difficile à trouver», poursuit-elle. M. Charette raconte qu’une de leur cliente, qui travaille comme aide-éducatrice, porte une robe à l’image du TARDIS (Doctor Who) quand elle va dans les écoles et que les jeunes adorent ça.

Ils se considèrent trop petits pour participer en tant que vendeurs à FanEXPO, mais ils participent aux plus petites expositions qui ont lieu en Ontario, comme à Timmins, Barrie, North Bay, Graphic-Con à Sudbury et Kitchener en janvier. «On fait le double ou le triple [de vente] d’une journée normale quand on participe à des conventions», dévoile Mme Lavoie.

Ces visites leur ont également permis de créer des nouveaux liens d’amitié et une nouvelle clientèle. «Il y a quelqu’un qu’on a rencontré à Timmins qui vient tout les uns ou deux mois seulement pour acheter des choses chez nous avant de retourner à Timmins», raconte M. Charette.


Moe Charette et Joelle Lavoie — Photo : Julien Cayouette

Ce n’est plus que des jouets

On peut facilement retracer l’explosion de la popularité des produits dérivés aux jouets de Star Wars, très populaires au début des années 1980. À l’époque, tous les produits dérivés étaient destinés aux enfants. Aujourd’hui, on peut facilement trouver des produits spécifiquement pensés pour les adolescents et les adultes.

«Les jouets des premiers Star Wars sont rendus tellement exclusifs que des adultes [qui ont connu ces jouets quand ils étaient petits] vont payer beaucoup d’argent pour des jouets de l’époque», raconte M. Charette. Ceux qui aiment ces univers depuis qu’ils sont jeunes vont initier leurs enfants aux mêmes univers, multipliant les adeptes et les groupes d’âge.

«La moyenne d’âge de nos clients, c’est des gens de notre âge, dans la trentaine», révèle Mme Lavoie, «25-35 ans», précise M. Charette. «Tout le monde connait au moins une personne qui joue à des jeux vidéos, alors c’est plus commun», poursuit ce dernier.

Trouver ce qui rassemble

«C’est vraiment une communauté et les gens veulent trouver d’autre monde qui aime les mêmes choses qu’eux», avance Mme Lavoie. C’est pourquoi ils organisent des rencontres costumées (cosplay). Une centaine de personnes ont participé à celles de février et aout et ils prévoient recommencer en février prochain.



Lu 2213 fois Dernière modification le mardi, 20 décembre 2016 15:36
Julien Cayouette

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