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jeudi, 28 novembre 2013 09:39

Postsecondaire : un plan d’action pour contrer l’inégalité

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Tant de choses se sont passées en Ontario et au Commissariat aux services en français depuis la parution de mon dernier billet mensuel sur le site lavoixdunord.ca. Tout d’abord, le Canada en entier a célébré sa première Semaine nationale de l’immigration francophone du 3 au 9 novembre derniers, une magnifique initiative de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

Ensuite, j’ai rencontré une délégation du Sri Lanka pour la troisième fois dans le cadre du Projet de langues nationales. J’ai aussi eu la chance de signer un protocole d’entente entre le Commissariat aux services en français et Canadian Parents for French (Ontario) afin de concrétiser notre souhait commun d’établir des liens plus étroits pour mieux promouvoir la valeur du français et la culture franco-ontarienne.

Mais l’évènement le plus marquant qui soit survenu au cours du dernier mois en matière d’affaires francophones en Ontario est probablement celui de l’annonce par le gouvernement de son plan d’action pour l’éducation postsecondaire en langue française. Comme je l’ai indiqué dans mon dernier billet mensuel, ce plan d’action consistait, pas plus tard qu’en octobre dernier, en l’un des deux enjeux prioritaires actuellement en matière d’affaires francophones en Ontario.

Je suis conscient que, vues du Nord, ces questions peuvent sembler être loin de vos préoccupations. Pourtant, alors que les États généraux sur le postsecondaire en Ontario français battent leur plein en province, toute discussion portant sur l’accroissement des programmes en français au palier postsecondaire sont l’affaire de toute la francophonie. On se souviendra que dans notre étude, nous avions relevé que dans le Nord, les francophones n’avaient accès qu’à 33 % des programmes offerts en anglais. Aussi, j’ose espérer qu’il ne soit pas question de duplication des programmes dans le Centre-Sud-Ouest, mais bien de bâtir et de prévoir des programmes modulés en fonction des besoins et des particularités de la région, au grand bénéfice de toute la francophonie.

Ce plan, certes, ouvre la voie au développement et à la mise en œuvre de solutions concrètes et pragmatiques pour remédier aux très faibles taux d’accès de 0 à 3 % aux programmes d’études collégiales et universitaires en français dans le Centre-Sud-Ouest de la province.

Il comprend un certain nombre de mesures positives telles que l’augmentation du financement annuel octroyé à tous les établissements postsecondaires de langue française et bilingues susceptibles d’offrir des programmes d’études en français dans le Centre-Sud-Ouest, la formation d’un comité consultatif sur l’éducation en langue française et l’évaluation de la capacité du Collège universitaire Glendon, faculté de l’Université York à Toronto, à offrir davantage de programmes en français.

Il faut reconnaître qu’avec ce plan d’action, le gouvernement fait preuve de vision en investissant dans l’avenir de la communauté francophone alors que nous nous trouvons toujours dans un contexte de restrictions budgétaires.

Toutefois, comme j’en ai discuté publiquement avec les médias et par l’entremise du communiqué que j’ai publié le 24 octobre dernier, plusieurs questions demeurent, tant à l’égard de l’autonomie du Collège Glendon qu’à l’endroit du mandat et de la composition du comité consultatif.

De fait, ce plan d’action fait abstraction de la question de la gouvernance par les francophones, qui s’avère pourtant si cruciale pour assurer la protection des programmes en français actuels et, surtout, leur développement. De plus, l’échéancier proposé pour la création du comité consultatif est trop éloigné pour que ce dernier puisse répondre aux besoins des francophones en temps opportun, alors que rien ne laisse présager que le mandat qui lui sera confié respectera les paramètres de ma recommandation et de celle du Comité d’experts, et ce, malgré les propos rassurants de la ministre déléguée aux Affaires francophones.

Ceci dit, je comprends que cette annonce visait avant tout à répondre à certains besoins immédiats en matière d’accès à l’éducation postsecondaire en langue française dans le Centre-Sud-Ouest. Certes, je continuerai à suivre de près ce dossier d’importance pour la francophonie ontarienne.

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François Boileau

Commissaire aux services en français de l’Ontario