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mercredi, 23 novembre 2016 06:00

Vrai ou faux?

Depuis l’élection américaine, plusieurs réseaux sociaux ont annoncé vouloir bannir les fausses nouvelles. Ils semblent avoir finalement réalisé que des opportunistes de tous bords utilisent ces sites pour empoisonner la vérité sur des sujets de la plus haute importance : la politique, l’environnement, l’économie, la religion, les relations raciales et j’en passe. Je ne peux qu’applaudir cette volonté, mais je me pose plusieurs questions.

La première est de démêler le vrai du faux, tout étant tellement subjectif. Pour moi, la publication d’un de mes amis Facebook qui prétend qu’on veut l’empêcher de dire «Joyeux Noël» ou de publier une photo de l’enfant Jésus dans la crèche, c’est de la foutaise. Mais à force de voir ça sur Facebook, c’est devenu une réalité pour plusieurs, même s’ils ne le sont jamais fait dire personnellement. On peut aussi se demander si le site Breitbart.com — la voix de la droite américaine qui publie que la contraception enlaidit les femmes ou que les minorités raciales sont en train de détruire l’Amérique blanche et qui a appuyé Trump — est en fait un média crédible. Et je ne parle même pas des milliers de blogues et sites de «journalisme citoyen» qui publient régulièrement de soi-disant «nouvelles» sans aucune vérification.

Il est aussi difficile de se faire une solide opinion en lisant des sites qui expliquent la responsabilité humaine dans les changements climatiques alors que d’autres estiment que ces changements sont plutôt dus à des facteurs naturels. Et que dire de ceux qui favorisent les échanges internationaux afin de stimuler l’économie alors que d’autres tentent de démontrer que la mondialisation nous a rendus plus pauvres? Devant de telles contradictions, je me demande alors — deuxième question — qui, parmi les responsables des réseaux sociaux, devra ou pourra décider de la vérité. J’ai de la difficulté à croire que des milliardaires comme Mark Zuckerberg et ses acolytes ont la science infuse. Pour ma part, je crois qu’il est impossible, et peut-être même mal venu, de contrôler ce qui se dit sur les réseaux sociaux.

Alors, la question qui tue : comment le lecteur / internaute peut-il véritablement s’informer et former des opinions basées sur la vérité? Il n’y a qu’une solution, la multiplicité des sources d’information.

Ne vous fiez pas seulement aux réseaux sociaux ou aux blogues pour vous renseigner. Lisez des journaux, écoutez les nouvelles à la radio et à la télé. Cessez de temps en temps de regarder les émissions de téléréalité ou Netflix et regardez un vrai bulletin de nouvelles. Les journalistes qui produisent ces nouvelles sont soumis à des règles qui minimisent les faussetés. Par exemple, ils doivent avoir vu un évènement eux-mêmes ou encore obtenir des renseignements de deux sources crédibles — pas de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours — avant de diffuser une information.

En cette période où la vérité subit de nombreux assauts, il est bon de se souvenir que «l’artifice se dément toujours et ne produit jamais les mêmes effets que la vérité».

Lu 1773 fois Dernière modification le mardi, 22 novembre 2016 15:21
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury