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mercredi, 12 octobre 2016 07:00

Pour un financement municipal équilibré

L’idée d’emprunter afin de financer le maintien des infrastructures municipales fait maintenant débat à Sudbury ainsi que dans plusieurs villes du pays. La question est importante puisque nos systèmes d’eau et d’égouts, nos routes et nos édifices ont été négligés pendant des décennies par des politiciens qui, pour des raisons électoralistes, refusaient d’augmenter les taxes. Allo, Jim Gordon.

Depuis 1985, la Ville du Grand Sudbury n’a pas de dette à long terme. Ceci est un legs de feue Diane Marleau qui, lorsqu’elle était présidente du comité de finance de la ville, a fait adopter une politique de «pay-as-you-go» par le conseil municipal. Mais face à l’augmentation des couts reliés au maintien de nos infrastructures, la conseillère actuelle, Lynn Reynolds, propose d’emprunter. L’idée n’est pas mauvaise, mais elle doit être accompagnée d’autres mesures si nous voulons qu’elle soit rentable à long terme.

Comme nous le savons tous, il n’y a que trois moyens de financer quelque chose quand nous n’avons pas d’argent : emprunter, épargner ou augmenter nos revenus. La Ville du Grand Sudbury doit adopter des politiques visant ces trois options.

D’abord, emprunter. La conseillère Reynolds a raison. Avec des taux d’intérêt aussi bas qu’une couleuvre dans une crevasse, il serait utile d’emprunter maintenant, mais il faut faire attention. Il faut s’assurer d’avoir les moyens de repayer notre dette dans un laps de temps raisonnable. Il faut aussi envisager le pire, soit s’assurer de pouvoir s’acquitter de nos obligations si les taux d’intérêt augmentent ou si les revenus de la Ville déclinent.

Ensuite, épargner. Voilà une solution difficile, mais qui doit être envisagée. La Ville du Grand Sudbury compte une bureaucratie gonflée qui jouit de salaires tout aussi gonflés. Il est temps que nos politiciens mettent leurs culottes et cessent de se faire contrôler par les employés et leurs syndicats. Et je ne parle pas ici des travailleurs derrière le comptoir ou de ceux qui manient le pic et la pelle. Je parle des administrateurs inutiles. Nous rions tous quand nous voyons trois casques blancs regarder deux employés creuser un fossé, mais nos politiciens ne font rien pour mettre fin à cette niaiserie.

Je pourrais continuer à énumérer d’autres occasions d’épargne. Par exemple, pourquoi nous faut-il constamment payer des consultants alors que nous avons des ingénieurs, des avocats et autres professionnels employés par la Ville dont c’est la job de conseiller nos élus? Pourquoi est-ce que faire asphalter nos rues coute plus cher à la Ville qu’à un commerce qui fait refaire son terrain de stationnement?

Enfin, augmenter les revenus. Comme je le disais plus haut, nos problèmes actuels ont été causés par des politiciens qui ont refusé pendant des années d’augmenter les taxes. Or, nous n’avons plus le choix. Je sais bien que les impôts fonciers sont élevés à Sudbury, mais au moins c’est une taxe juste, basée sur nos biens immobiliers. Donc, une personne qui possède des millions de dollars en immobilier paye plus que celle qui vit dans une petite maison évaluée à 200 000 $. Si nous voulons continuer à jouir de bons services municipaux, il faut les payer. C’est plate, mais la vie est faite ainsi.

Lu 978 fois Dernière modification le mardi, 11 octobre 2016 14:32
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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