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mercredi, 05 octobre 2016 07:00

Le centre de santé pour Timmins fait du surplace

Les francophones de la région de Timmins devront encore attendre pour savoir s’ils auront un centre de santé communautaire. Il y a environ deux semaines, le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) du Nord-Est a remis le dossier à un énième comité. Note au RLISS : ça fait plus de 15 ans que cette demande est sur la glace et c’est le temps d’aboutir.

Le dernier chapitre de ce long feuilleton est assez kafkaesque. Après de nombreuses requêtes refusées par les autorités, le comité de francophones s’est fait dire qu’il n’avait pas assez de données pour justifier la mise sur pied d’un centre de santé communautaire. Le RLISS a donc décidé de créer un autre comité ad hoc et de financer une nouvelle étude. L’étude a été confiée à la firme réputée PGF. Son rapport de 74 pages intitulé Examen des services de soins primaires destinés aux francophones de Timmins, fait le tour des données existantes : profils démographique et socioéconomique, soins de santé existants, modèles de soins, compte-rendu de discussions avec la communauté franco ainsi qu’avec les professionnels de la santé et recommandations.

Il est important de souligner que le rapport présente 15 recommandations visant à améliorer l’accès de la communauté aux soins de santé en français. La deuxième recommandation préconise la création d’un centre de santé communautaire. Il faut aussi savoir que le comité du RLISS chargé de l’étude a unanimement adopté le rapport.

C’est cependant la présentation du rapport au RLISS lui-même qui est assez rocambolesque. D’abord, le rapport a été présenté à la fin d’une rencontre dont l’agenda et les documents afférents totalisent presque 300 pages. Je comprends que l’attention des anglophones — il n’y a qu’un francophone au conseil du RLISS — qui l’ont reçu ait été un peu embrouillée. C’est le président du comité ad hoc, le Dr Yves Raymond, qui en a fait la présentation. Or ce dernier est allé à l’encontre de son propre comité et a descendu le rapport en flammes. Selon lui, sa clinique familiale rencontre tous les besoins en services de santé des francophones de Timmins. Ce qui fait dire aux partisans du projet que le Dr Raymond a toujours été en conflit d’intérêt et de mauvaise foi dans son rôle au sein du comité d’étude. Pour ma part, d’homme d’affaires à homme d’affaires — les médecins se prennent pour des gens d’affaires — je peux juste dire au bon docteur qu’il est prouvé que la concurrence ne nuit nullement à une entreprise et qu’au contraire, elle stimule parfois la demande.

Nous nous retrouvons donc avec une communauté qui dit clairement que les services de santé existants ne répondent pas à ses besoins et qui réclame un centre de santé communautaire pour pallier à cette situation. Nous avons aussi un excellent rapport qui recommande justement la mise sur pied d’un tel centre. De l’autre côté, nous avons un médecin dont on ne sait pas pour quelle équipe il joue si ce n’est pour la sienne et un groupe très majoritairement anglophone qui décident pour la communauté francophone. Trouvez l’erreur.

Lu 2970 fois Dernière modification le mardi, 04 octobre 2016 15:55
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury