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mercredi, 28 septembre 2016 07:00

L’UFO est morte dans l’œuf

Le projet d’une Université franco-ontarienne (UFO pour les intimes) est mort. Il devient de plus en plus clair que le gouvernement Wynne est dans la poche des institutions bilingues et ne bougera pas sur ce droit fondamental sans que nous lui forcions la main. En sommes-nous capables? Queen’s Park joue au chat et à la souris avec cette revendication depuis plus de quatre ans. Au début, quand le Regroupement des étudiants francophones de l’Ontario (RÉFO) et ses partenaires ont relancé le débat, nous aurions pu croire que le projet avançait enfin. Mais depuis un an, les Libéraux rient de la communauté à s’en décrocher les mâchoires.

D’abord, ils nous ont dit, «Ben oui, nous comprenons qu’il y a de sérieuses lacunes dans l’éducation post secondaire en français dans le Sud de la province. Nous allons nous pencher là-dessus et, oui, une université de langue française pourrait être une solution». Et la communauté est tombée dans le panneau, croyant que le gouvernement était enfin ouvert à créer une université de langue française pour toute la province, telle que nous la voyons et la voulons.

Depuis, les Libéraux se sont tellement penchés sur la question qu’à côté d’eux, la Tour de Pise à l’air d’un soldat au garde-à-vous. D’abord un comité d’experts pour analyser la situation. Ensuite, un autre comité pour faire des recommandations. Et là, ils viennent de nommer la présidente d’un troisième comité, de planification cette fois. L’ex-commissaire aux Langues officielles du Canada et ex-vice-rectrice de l’Université Laurentienne, Dyane Adam, est éminemment qualifiée pour faire ce travail, mais comme le dit si bien la députée de Nickel Belt, France Gélinas, «Bonne personne, mauvais mandat».

Ce que Mme Gélinas veut dire, c’est que Mme Adam a tout ce qu’il faut pour planifier la création d’une université, mais que le mandat que lui a donné le gouvernement n’est pas ce que nous voulons. Elle est chargée d’imaginer une petite université de langue française uniquement dans le Sud ontarien. Un tel projet est voué à l’échec et démontre bien que le gouvernement n’a aucune intention de créer une vraie université franco-ontarienne. D’autres initiatives gouvernementales dans les dernières années démontrent clairement que l’UFO ne verra pas le jour. Alors que le gouvernement n’a apparemment pas d’argent pour une université française, il dépense des centaines de millions de dollars dans les projets d’immobilisation des universités bilingues. Même les déclarations de la première ministre indiquent qu’elle n’appuie pas notre projet. Elle parle d’augmenter l’offre de programmes, d’aider les jeunes à obtenir une éducation postsecondaire, mais jamais de ce qui est fondamental, soit de leur donner une vraie université bien à eux.

Le Regroupement des étudiants, la Fédération des élèves du secondaire et l’Assemblée de la francophonie ont parfaitement joué le jeu : états généraux partout en province pour analyser les besoins, efforts de lobbying de tous les partis à Queen’s Park, rencontres avec les ministres responsables et avec la première ministre. Malgré cela, en fin de compte, le gouvernement n’offre que des pinottes. J’aurais espéré que nous n’ayons pas à élever le ton, mais devant autant de mauvaise foi, il le faudra.

Lu 3339 fois Dernière modification le mardi, 27 septembre 2016 14:34
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury