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mercredi, 14 septembre 2016 06:00

Comment accoucher d’une souris

Tout ça pour ça? Voilà la question qui se pose au lendemain du discours du Trône dévoilé lundi par la lieutenant-gouverneure de l’Ontario, Elizabeth Dowdeswell. Ce n’est pas la faute de l’honorable Dowdeswell, mais plutôt celle du gouvernement de Kathleen Wynne qui a accouché d’une souris. Et même pas d’une crotte de souris pour les Franco-Ontariens.

Le tout a commencé jeudi dernier, lorsque la première ministre Kathleen Wynne a demandé à la lieutenant-gouverneure de proroger la législature ontarienne. Cela lui permettait de mettre fin à la première session de la 41e législature de l’Ontario et de redémarrer son agenda politique en présentant de nouvelles initiatives dans un discours du Trône. Mais cela faisait aussi mourir tous les projets de loi qui faisaient leur petit bonhomme de chemin devant nos parlementaires. Entre autres, un projet de loi privé de la députée néodémocrate de Nickel Belt, France Gélinas, sur la création d’une université franco-ontarienne.

Or, le discours du Trône ne comporte pas grand-chose qui frappe l’imaginaire des Ontariens. Il y a bien sûr les choses auxquelles on s’attendait : l’élimination de la taxe provinciale (8 % ou 130 $ par année en moyenne) sur nos factures d’électricité; une diminution encore plus importante (40 % ou 540 $ par année en moyenne) des couts d’électricité pour les résidents ruraux; 100 000 nouvelles places en garderie d’ici cinq ans; en éducation, un effort pour rehausser les scores de nos élèves en mathématiques et le développement de nouveaux programmes de métiers; finalement, en santé, la réduction du temps d’attente pour voir un spécialiste.

La souris est bien petite. Mais ce qui est encore plus important, c’est ce qu’il n’y a pas dans ce discours : absolument rien, nada, niet, nothing pour les Franco-Ontariens. Bien sûr, nous bénéficierons des mêmes avantages que tous les autres Ontariens — wow, une économie de 130 $, je cours réserver mes vacances d’hiver dans le sud. Peut-être pourrais-je même réduire le chauffage pendant que je serai parti pour épargner quelques sous de plus. J’espère que mon spécialiste ne me «bookera» pas un rendez-vous cette semaine-là.

Les Franco-Ontariens ont pourtant des demandes bien précises pour ce gouvernement : la création d’une université franco-ontarienne et la refonte de la Loi sur les Services en français. Deux sujets qui pourraient augmenter notre participation active à l’économie et à la société ontarienne. Mais non, le gouvernement Wynne nous présente un plan purement électoraliste qui tente d’éliminer quelques doléances qui pourraient lui nuire lors de la prochaine élection. Il ne lui est jamais venu à l’esprit que les Ontariens veulent un gouvernement innovateur, qui pense aux générations futures.

La seule note positive dans tout ce brouhaha est que la députée Gélinas a promis de faire son possible pour représenter son projet de loi sur la création d’une université franco-ontarienne d’ici le 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens. Go, France, go!

Lu 1955 fois Dernière modification le mardi, 13 septembre 2016 14:17
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury