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lundi, 11 novembre 2013 14:14

Les bienfaits du baiser… enfin démystifiés!

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Tel que mentionné dans mon dernier blogue, celui-ci parlera des bienfaits des baisers ainsi que des faits cocasses associés à ceux-ci. Après tout, les lèvres font partie de la zone érogène la plus exposée du corps.

L’anthropologue américaine, Helen Fisher, qui étudie depuis longue date l’amour et tout ce qui l’entoure, indique que le baiser romantique constitue un excellent outil d’évaluation d’un ou d’une partenaire. Il y a douze nerfs autour des joues, des lèvres, de la langue et du nez. Cinq de ces nerfs ont comme tâche de déceler les odeurs, les goûts, les sentiments, le toucher, et même la température du ou de la partenaire potentielle. Donc, d’une part, on annonce par le biais du baiser ce que l’on est en mesure de donner à la partie qui le reçoit; d’autre part, on évalue ce que l’on peut recevoir de cette dernière. De plus, le baiser permet de renforcer notre système immunitaire. Comme si cela ne suffit pas, le baiser va jusqu’à nous faire brûler des calories. Un bon baiser romantique intime peut brûler plus de 5 calories (jusqu’à 26 calories, si le baiser est d’une durée de plus d’une minute) tandis qu’un tout petit baiser intime résultera en la perte de seulement 1 à 2 calories. Alors, si vous êtes au régime, pourquoi ne pas inclure plus de baisers dans votre quotidien? Si votre partenaire ne semble pas tout à fait aussi emballé que vous à l’égard de cette recette, faites valoir le fait que vous voulez intégrer cette pratique à votre routine quotidienne afin d’être en meilleur santé, et que les bienfaits que vous en retirez lui aideront aussi. En passant, si vous vous êtes jamais demandé quel a été la plus longue durée (documentée) d’un baiser, voici la réponse : Ekkachai and Laksana Tiranarat ont fait durer leur baiser pour 58 heures, 35minutes et 58 secondes. Imaginez donc le nombre de calories que ce couple a brûlé et le nombre d’ampoules qu’ils ont dû avoir sur les lèvres! Youch!

En vieillissant, les muscles faciaux s’affaiblissent. Cependant, étant donné que le baiser nous fait utiliser 30 muscles, et ce, peu importe si on est le « donneur » ou le « receveur » du baiser, on peut raffermir les joues chaque fois qu’on décide d’en échanger un. Il va sans dire que la réduction du stress, voire la relaxation, figure parmi les multiples bénéfices du baiser, ce qui est un résultat direct du relâchement de l’hormone ocytocine. De ce fait, le baiser peut même être comparé à une drogue, en sorte. Les endorphines sont des neurotransmetteurs qui nous font sentir bien. Leur niveau monte de façon significative lors d’un baiser. C’est ce qui est en train de se produire lorsqu’on a la tête un peu légère, ou encore, que l’on aimerait faire une pirouette (qui, évidemment, ferait brûler encore « plus » de calories!). La dopamine, un autre neurotransmetteur, entre aussi en jeu particulièrement dans le contexte d’un rapprochement romantique. Peut-être cela explique pourquoi les prostituées refusent habituellement les baisers de leurs clients, car elles cherchent éviter toute possibilité de rapprochement.

Qui aurait cru que tout ceci se passe lorsqu’on donne un baiser à notre partenaire… surtout pour un geste qui paraît si simple et si complexe?

Passons d’ailleurs à quelques faits cocasses au sujet du baiser… En moyenne, une personne passe un total de 20 160 minutes pendant sa vie à donner et recevoir des baisers. L’homme a tendance à donner des baisers avant les relations sexuelles tandis que la femme, elle, les donne par après. De plus, les hommes sont ceux qui préfèrent galocher. On se souviendra que dans mon dernier blogue, on a appris que l’action de « galocher » constitue une façon pour l’homme de projeter sa testostérone afin d’accélérer le niveau de stimulation chez sa partenaire. Il existe encore des endroits chez nos voisins du sud où il est défendu de donner un baiser. Une loi existe dans l’état d’Indiana interdisant le baiser aux hommes munis de moustache. Dans la ville de Cedar Rapids, Iowa, on ne peut pas embrasser ni les étrangers, ni les femmes. Et à Hartford, Connecticut, les hommes n’ont pas le droit d’embrasser leur épouse le dimanche.

Qu’il fait bon vivre au Canada, où l’on est libre de donner des baisers à qui l’on veut, quand on le veut, et surtout, aussi souvent qu’on le veut! Je vous lance donc le défi suivant : donnez autant de baisers que vous le pouvez, encouragez vos proches et vos amis à faire de même, et « pétez vos records ». D’ailleurs, la saison de Noël approche à grands pas… vaut mieux se pratiquer dès maintenant!
Lu 4116 fois Dernière modification le lundi, 11 novembre 2013 14:17
Jacques Babin, Ph.D.

Professeur au Collège Boréal et sexologue clinicien.