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vendredi, 08 novembre 2013 03:49

AFO, représentant de l'Ontario français?

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Sous la présidence de Denis Vaillancourt, l'Assemblée de la francophonie (AFO), tente de mieux répondre à son mandat de représenter tous les francophones de l'Ontario. Avec des rencontres avec les représentants des communautés de Windsor jusqu'à Hearst, l'équipe de l'AFO se présente comme l'organisme politique de toutes les institutions francophones et de tous les individus désireux d'être représentés politiquement en Ontario. Que ce soit l'appui aux États généraux sur l'éducation postsecondaire de l'Ontario français, le soutien de l'indépendance du commissaire aux services en français, l'appui à la désignation de la Municipalité de Durham, entre autres. Cependant, il y a un effet pervers lorsqu'un organisme se disant représentatif de toute la francophonie ontarienne ne représente que les organismes sans but lucratif (OSBL) et les francophones qui paient leur carte de membre. Ainsi, une entreprise privée comme la mienne ne peut être représentée. Si je devenais membre, ils me représente, et non mes entreprises. Les sociétés privées qui œuvrent en français et qui sont également désireuses d'assurer la pérennité et l'épanouissement de la langue française en Ontario ne peuvent pas devenir membres de l'AFO. On ne peut qu'assumer que la raison de refuser de l'offrir à ces sociétés est de croire qu'elles n'ont pas besoin de représentation au niveau politique. Elles survivent et sont profitables donc, pourquoi les appuyer ? De l'autre côté, les OSBL ont besoin de ce coup de pouce constant et le lobbying devrait être pour leur bénéfice. Ainsi, l'AFO ne représente pas tout l'Ontario français, mais certains secteurs : les OSBL, les institutions quasi gouvernementales (par exemple les conseils scolaires, les hôpitaux, les centres de santé) et les individus, enfin, ceux qui désirent payer leur adhésion. Certains disent gare à ceux qui désirent profiter de notre langue, ces impurs qui prennent avantage de notre statut minoritaire. Pour d'autres, un secteur privé profitable, tout en servant la communauté francophone, démontre le dynamisme de notre communauté. Le secteur des affaires dans lequel œuvrent des sociétés privées qui offrent des services uniquement en français est minime. Le secteur des médias de l'Ontario français illustre bien cette situation. En Ontario, il n'existe que trois stations de radio francophones privées et onze journaux privés. Certains de ces journaux et radios existent depuis plus de 60 ans. C'est notamment le cas du journal Le Rempart de Windsor et de la station Le Loup FM à Timmins, anciennement CFCL. Il existe deux journaux sans but lucratif et six radios communautaires, dont cinq sont membres de MICRO. Tous ces médias jouent un rôle primordial pour assurer la pérennité et le rayonnement de la communauté francophone qu'ils desservent. Tous ces médias vivent la même réalité économique, car ils vivent de leurs ventes publicitaires. La réduction continue du placement publicitaire des gouvernements rend la situation très précaire pour tous. Si nous sommes d'accord que tous ces médias jouent un rôle important, voire vital à leur communauté francophone, pourquoi l'AFO ne devrait-elle qu'appuyer un seul groupe ? Si l’AFO se dit représentant de tous les francophones, il devrait revoir le libellé de l’appui prioritaire qu’elle accorde aux radios communautaires pour en élargir la portée à l’ensemble des médias (journaux, radios privées) de langue française établis en Ontario. Je crois qu’il est temps que cet organisme réponde finalement et pleinement à son mandat. Si l’AFO ne trouve pas le besoin de représenter TOUS les francophones, l'AFO devrait changer son nom afin de ne pas induire en erreur ceux qu'il dit représenter en Ontario, ou ajouter à son slogan, AFO "représentant des OSBL oeuvrant en français en Ontario". Il serait important de noter ce fait, surtout si un appui de l'AFO pour un groupe ou projet vient nuire à certains francophones, non membre de l’AFO. Est-ce qu'on est tous dans le même bateau... avec le vent dans les voiles? Si non, certains devront ramer de leur propre côté, et tous, ensemble, nous continuerons de tourner en rond... encore! J'ose croire que l’AFO ne se dirige pas dans cette direction et qu’elle ne forcera pas d’autres francophones à fabriquer leur propre navire. Je préfère faire partie de leur équipage et avancer avec eux.
Lu 3650 fois Dernière modification le jeudi, 14 novembre 2013 14:34
Paul Lefebvre

Éditeur

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