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mercredi, 27 juillet 2016 06:00

L’Ontario, un ‘tit peu francophone

Fait que l’Ontario vient de demander son adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Enfin, une espèce d’adhésion, pas de faire vraiment partie de l’OIF. Cela ne correspondrait pas à la politique des petits pas du gouvernement Wynne en ce qui a trait aux droits de francophones. Non, non, l’Ontario ne veut qu’un statut d’observateur.

Évidemment qu’un statut d’observateur coute moins cher et qu’il vaut mieux être dans la salle — pour au moins voir — que d’être dans le corridor, mais plusieurs observateurs se demandent pourquoi l’Ontario ne deviendrait pas membre à part entière. Le Canada, le Québec et le Nouveau-Brunswick le sont déjà. Alors pourquoi pas l’Ontario qui compte deux à trois fois plus de francophones que le Nouveau-Brunswick? Il ne peut y avoir qu’une réponse, la peur-de-faire-peur et la tiédeur du gouvernement libéral ontarien pour tout ce qui est francophone.

On voit d’ailleurs cette politique des petits pas dans d’autres dossiers touchant la francophonie ontarienne. Encore récemment, le gouvernement nommait un énième groupe d’étude pour envisager la création d’une université de langue française à Toronto alors que ce n’est pas ce que nous demandons. Depuis maintenant cinq ans, le Regroupement des étudiants franco-ontariens et ses partenaires demandent, études à l’appui, une Université franco-ontarienne avec des campus dans les principales villes ontariennes. Des professeurs, des leaders communautaires et même de simples éditorialistes ont publié des écrits indiquant clairement au gouvernement comment une telle université devrait voir le jour. Mais il suffit que l’ex-recteur de l’université d’Ottawa, Alan Rock, fasse peur dans une lettre d’opinion au journal Le Droit pour que le dossier prenne un an de recul.

On ressent aussi de la tiédeur dans la réponse du gouvernement ontarien au dernier rapport du Commissaire des services en français. Dans ce rapport, le commissaire François Boileau recommande la refonte complète de la Loi sur les servies en français. Il explique que la province, la communauté franco-ontarienne et le monde ont beaucoup changé depuis 1986 et que plusieurs dispositions de la Loi ne correspondent plus à la réalité. Or, nous attendons toujours de voir comment la province entend donner suite à cette recommandation.

En fait, il n’y a pas que le gouvernement ontarien qui démontre peu d’ardeur dans les dossiers des langues officielles. C’est le premier ministre Justin Trudeau qui, en tant que représentant sénior du Canada à l’OIF, présentera la demande d’adhésion de l’Ontario. Or, il me semble que Monsieur Trudeau aurait bien pu tenter de pousser un peu la première ministre Wynne pour que la province demande le statut de membre à part entière. Comme le disait récemment la professeure et titulaire de la chaire de recherche sur la francophonie de l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal, «On remarque aussi une absence d’affirmation de l’importance des deux langues officielles, notamment de la part du premier ministre...». Si vous relisez l’éditorial Les Trudeau et les Francos, paru dans Le Voyageur du 23 mars dernier, vous verrez bien que, quand il est question de langues officielles, Justin Trudeau n’est pas son père.

La demande de l’Ontario sera examinée par les chefs d’État des 80 pays membres de l’OIF lors du XVIe Sommet de la francophonie à Antananarivo (Madagascar) en novembre prochain.

Lu 2004 fois Dernière modification le mardi, 26 juillet 2016 15:37
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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