FacebookTwitter
vendredi, 01 juillet 2016 12:20

Vivre le ramadan en juin dans le Nord ontarien

Écrit par 
La Mosquée de Sudbury La Mosquée de Sudbury Photo: Bienvenu Senga

Kapuskasing — « Si c’était l’hiver, on serait plus chanceux », constate Ibrahima Kane, rieur. Ce musulman vit pour la première fois un ramadan dans le Nord ontarien, plus précisément à Kapuskasing.

Dans la région, la période de jeûne quotidien dure un peu moins de 18 heures : la prière qui en marque le début a lieu vers 3 h 24 et le coucher du soleil, qui le rompt, vers 21 h 30 et 22 h. « Le ramadan au nord de l’Ontario est très dur, car ça coïncide avec l’été où la journée est trop longue », dit Ibrahima Kane.

En plus, la chaleur et le soleil du solstice intensifient l’expérience : au-delà de 27 degrés, la soif devient vive. Au Sénégal, le pays d’origine d'Ibrahima Kane, même s’il fait chaud, les journées sont plus courtes : on jeûne de 5 h 35 à 19 h.

On y trouve aussi un plus grand nombre de musulmans, ce qui rend le ramadan résolument différent, à Kapuskasing ou à Sudbury. L’expérience collective manque au jeune musulman. Il n’y a pas de mosquée à Kapuskasing, d’une part, mais, surtout, les gens autour de lui ne jeunent pas. « L’environnement est tout à fait différent du point de vue spirituel, car pendant le mois de ramadan les gens deviennent plus pieux », indique-t-il.

Mamadou Mounkoro, qui habite le Nord ontarien depuis cinq ans, indique que d’autres facteurs extérieurs représentent un défi. « Le ramadan, ce n’est pas que de se priver de la nourriture toute la journée. On fait notre mieux pour ça. Ici, on a des difficultés de respecter tout ce dont on doit se priver. C’est souvent involontaire de notre part. »

L’habillement fait peut-être partie des facteurs extérieurs auxquels fait allusion Mamadou Mounkoro. Ibrahima Kane le souligne : « Au mois de ramadan, les femmes s'habillent de façon décente pour le respect de ce mois béni alors qu'ici ça coïncide avec l'été », fait-il remarquer.

N’empêche que Mamadou Mounkoro fait une lecture désincarnée de son expérience : comme on fait le ramadan pour le bien de son existence, il n’est jamais intense. Ibrahima Kane abonde : « Le ramadan n’est pas aussi dur que les autres le croient. Ça s’apprend dès le bas âge. C’est une habitude. » Il a commencé graduellement à jeuner à 10 ans. « Impossible presque pour certains de le faire, car ils ne s’y sont pas habitués en bas âge. »

Le ramadan est un mois du calendrier musulman, qui se fonde sur le cycle lunaire, d’où son déplacement, par rapport au calendrier grégorien. Cette année, il se déroule du 6 juin au 5 ou 6 juillet.

Abonnez vous

Lu 1894 fois Dernière modification le mardi, 05 juillet 2016 08:36
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

Actualité du Nord

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login