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mercredi, 15 juin 2016 12:37

Ornge : « le système a laissé tombé l’équipage »

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Principaux enjeux de sécurité Principaux enjeux de sécurité BST - flickr

Kapuskasing — « C’est le système qui a laissé tomber l’équipage », a indiqué la présidente du Bureau de sécurité des transports du Canada (BST), Kathy Fox, en divulguant le rapport d’enquête sur l’écrasement de l’hélicoptère d’Ornge à Moosonee, le 31 mai 2013. L’accident a couté la vie à quatre employés, notamment au pilote Don Filiter de Skead et à l’ambulancier Dustin Dagenais originaire de la région de Kapuskasing.

Le 31 mai 2013, à 0 h 11, l’ambulance aérienne a quitté Moosonee en direction d’Attawapiskat avec un retard de quelques heures. La noirceur était absolue — sans lumière de la lune et sans repère visuel. À 309 mètres d’altitude, en prenant la direction d’Attawapiskat, le pilote a constaté que l’angle du virage était trop prononcé. L’équipe de pilotage n’a pas eu le temps de rectifier le tir. De l’amorce du virage à l’écrasement, 23 secondes se sont écoulées.

« Nous ne sommes pas ici pour jeter un blâme », ont insisté les responsables du BST. « Nous sommes ici pour déterminer quelles ont été les lacunes en matière de sécurité. »

Pendant plusieurs mois précédents l’accident, Ornge, au fait de lacunes en matière de vol de nuit et de vol aux instruments, n’a pas rectifié le tir à cause d’un manque de personnel. Transports Canada, préconisant une approche collaborative, n’a pas sévi. « Des pratiques dangereuses ont persisté », a commenté le BST.

Si les pilotes étaient adéquatement formés, le BST a indiqué qu’ils n’étaient pas préparés à piloter de nuit à vue ou aux instruments et n’auraient jamais dû être mis dans cette situation. Ce flou dans les procédures de vols à vue de nuit et de vols aux instruments et la règlementation seraient les principaux responsables de l’accident. Même si les pilotes étaient adéquatement formés, le BST a indiqué qu’ils n’étaient pas préparés à piloter dans de telles circonstances et n’auraient jamais dû être mis dans cette situation. D’ailleurs, en 2014, Ornge avait été trouvée coupable d’avoir enfreint le Code canadien du Travail en matière de formation des pilotes et d’absence d’appuis visuels pour les vols de nuit.

Le BST appelle à l’amélioration des normes quant à l’équipement de bord, des repères visuels et de la mise en place, pour les exploitants, d’un système de gestion et de sécurité formel des fournisseurs. Par leur portée, ces recommandations auront d’ailleurs « de grands effets sur l’ensemble de l’aviation canadienne », selon la présidente du l’organisme indépendant.

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Lu 2198 fois Dernière modification le mercredi, 15 juin 2016 14:01
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

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