FacebookTwitter
mardi, 14 juin 2016 16:14

Remplacer la Meilleur?

Deux récents changements politiques auront des répercussions sur la communauté franco-ontarienne. Il s’agit de la démission, jeudi dernier, de la ministre déléguée aux affaires francophones Madeleine Meilleur et de la nomination de sa remplaçante Marie-France Lalonde lors du remaniement ministériel de lundi.

D’abord, il est de mise lors de la démission d’une personnalité politique de souligner ses accomplissements. Dans le cas de Mme Meilleur, la liste est longue étant donné ses 13 ans en tant que responsable de plusieurs ministères en plus des affaires francophones. Elle a notamment piloté la participation remarquable du gouvernement ontarien aux festivités du 400e anniversaire de présence française en Ontario; elle a créé le poste de Commissaire aux services en français et lui a donné son indépendance en en faisant un officier de la législature; on lui doit aussi la création de TFO. Madeleine Meilleur était une adepte de l’étatisme en politique, mais comme le dit la professeure Linda Cardinal, «ses petits pas ont fait en sorte que la communauté a fait de grands pas».

Quant à la nouvelle ministre, Marie-France Lalonde, élue pour la première fois en 2014, on ne la connait pas beaucoup en tant que politicienne. Originaire du Québec (Gatineau), elle vit à Orléans depuis 15 ans. Avant son élection en tant que députée d’Ottawa-Orléans, elle était copropriétaire et directrice d’un centre pour personnes âgées. Depuis son élection, Mme Lalonde s’est rapidement démarquée, devenant adjointe parlementaire au Développement économique ainsi qu’aux Affaires francophones.

Madame Lalonde hérite de trois dossiers prioritaires pour la communauté franco-ontarienne : l’université franco-ontarienne, la refonte de la Loi sur les Services en français et la promulgation d’une loi constitutionnelle confirmant l’égalité du français et de l’anglais en Ontario. D’autres questions pourraient bien sûr survenir, mais pour l’instant, c’est ça sa job.

Après plus de quatre ans de travail de la part de la communauté, le dossier de l’université devrait être prêt à aboutir. Or, il ne l’est pas. Mme Lalonde doit s’assurer que l’université franco-ontarienne pourra négocier des ententes avec les universités bilingues afin de récupérer tous les programmes en français existants et installer des campus dans plusieurs villes universitaires partout en province. Tout ce travail est encore à faire... et ça presse.

Quant à la refonte de la Loi sur les services en français, Madame Lalonde n’a pas le choix. C’est le commissaire des services en français lui-même qui en fait la recommandation à la législature. La ministre ne peut pas s’en laver les mains sans y perdre des plumes politiques. Et troisième priorité, Madame Lalonde est certainement au courant du plus grand sondage ontarien de tous les temps qui démontre que les Franco-Ontariens veulent qu’elle fasse inscrire dans la constitution canadienne qu’en Ontario, le français est égal à l’anglais.

Madame Lalonde a du pain sur la planche. Le seul conseil que je peux lui donner : la politique des petits pas de Madame Meilleur est révolue. Cette façon de faire a donné des assises importantes à notre communauté et nous en sommes reconnaissants, mais nous sommes maintenant au XXIe siècle. C’est le temps que ça bouge.

Lu 1949 fois Dernière modification le jeudi, 16 juin 2016 10:51
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

Actualité du Nord

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login