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mercredi, 18 mai 2016 06:00

Lettre ouverte à la première ministre au sujet de notre université

Madame Wynn,

La semaine dernière, vous avez répondu à une question de l’opposition sur la création d’une université de langue française et vous avez déçu près de 1 million de parlants français en Ontario. Vous avez dit n’avoir jamais promis de construire une université franco-ontarienne, mais plutôt que vous vouliez augmenter les programmes disponibles en français. Je vous souligne que vous ne répondez pas à la question : Quand allez-vous créer une université franco-ontarienne?

D’emblée, permettez-moi d’être un peu d’accord avec vous. Dans un premier temps, la création d’une université de langue française ne nécessiterait pas un gros projet de construction. Ses programmes, transférés des universités dites bilingues, pourraient très bien être regroupés dans des édifices universitaires où collégiaux existants. En fait vous devriez lire le texte du professeur de l’Université Laurentienne, Serge Miville, (www5.tfo.org/onfr/luniversite-franco-ontarienne-cest-ltemps/). Il vous explique pas à pas comment mettre notre université sur pied. Vous épargneriez ainsi quelques sous.

En parlant de sous, ne vous méprenez pas, il en faudra. Peut-être pourrions-nous, au début, cohabiter dans d’autres institutions, mais, à moyen terme, nous voulons nos propres campus, partout en province. De toute façon, vous nous devez de l’argent. Depuis 1849, date de création de l’Université de Toronto, les Franco-Ontariens payent des taxes — rappelez-vous, nous sommes ici depuis 400 ans — pour l’éducation postsecondaire des Anglo-Ontariens. Ne croyez-vous pas qu’il serait temps d’équilibrer les comptes?

Je sais bien que l’Ontario doit composer avec une dette de près de 300 milliards $, mais je vous rappelle que votre parti est au pouvoir depuis 2003 et a accumulé, en moyenne, des déficits de 9,7 milliards $ par année. Ce sont vos gouvernements qui ont géré ces finances, pas les Franco-Ontariens. Je vous prie de ne pas tenter de régler vos problèmes financiers sur notre dos.

En fait, Les Franco-Ontariens pourraient probablement vous donner quelques trucs sur comment gérer des institutions à moindre cout. Nous le faisons depuis des siècles. La semaine dernière, par exemple, vous auriez pu visiter l’Université de Hearst alors que vous étiez de passage dans cette ville.

Vous y auriez vu comment une petite poignée d’administrateurs et de professeurs réussit à offrir 19 programmes à 150 étudiants sur trois campus. Vous auriez compris comment avec seulement 4 millions $ de financement, l’université a lancé un nouveau mode d’enseignement en bloc ainsi qu’un effort de recrutement innovateur qui lui ont permis d’accroitre son offre de programmes... et de faire vivre un édifice. Eh oui, un édifice.

En somme, Madame Wynne, arrêtez de tergiverser. Depuis plus de quatre ans, les jeunes Franco-Ontariens — notre avenir — ont monté un solide dossier appuyant la création d’une université franco-ontarienne. Ils ont consulté la population, présenté des rapports, rencontré vos ministres et obtenu l’appui des deux partis d’opposition pour ce projet.

«Do the right thing». Comme dirait l’autre, on est en 2016.

Lu 2700 fois Dernière modification le mardi, 17 mai 2016 13:58
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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