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mercredi, 04 mai 2016 06:00

Cochrane en français

La semaine dernière, une dizaine de Franco-Ontariens de Cochrane se sont réunis afin de relancer le développement communautaire dans leur région. L’ACFO Cochrane-Iroquois Falls étant dormante depuis maintenant deux ans, ces personnes veulent réactiver les activités françaises chez eux. J’ai participé à leur rencontre et je dois dire que ce groupe m’a impressionné.

Il faut se rappeler que cette région a d’abord été francophone. On n’a qu’à conduire sur la route 11 entre Iroquois Falls et Cochrane pour lire les noms de routes, des rivières et des lacs : chemin Gauthier, chemin Latour, rivière Mondor, lac Ménard, pour ne nommer que ceux-là. Les villes ont beau avoir été nommées par les riches Anglais des chemins de fer ou des moulins de papier, ce sont les francophones qui les ont bâtis. Ce que j’ai pu constater mercredi dernier, c’est que ce réflexe de bâtisseur habite toujours les Francos du coin.

La rencontre de la semaine dernière avait été convoquée par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et j’y étais en tant que représentant du nord-est au conseil d’administration de l’AFO. Histoire de se rapprocher de sa base, l’Assemblée a lancé il y a maintenant plus de deux ans un processus de consultation et de concertation des francophones partout en province. La rencontre de Cochrane s’inscrivait donc dans cette initiative et visait à connaitre les besoins de la région.

Ce qui est ressorti gros comme le bras, c’est que la communauté de Cochrane est bien vivante. Les leaders présents à la rencontre ont commencé par faire la liste des organismes et des activités francophones de la région. J’ai l’impression qu’ils ont eux-mêmes été surpris par la longueur de leur liste. Des Filles d’Isabelle au Conseil scolaire, des évènements mensuels du Centre culturel La Ruche aux activités du Club 50+, il est clair que Cochrane vit beaucoup en français. Des participants ont même souligné la bonne volonté de certains anglophones de la région envers la «bilinguisation» de leurs organismes. Quelques fois, il faut ainsi s’arrêter et faire l’inventaire de nos acquis pour constater notre richesse.

Comme partout en province cependant, les leaders ont décrié le manque de financement pour les organismes de langue française. Ils ont aussi parlé du fameux TLM (toujours-les-mêmes), qui mène à l’essoufflement des organisateurs. Ils croient aussi que la communauté francophone ne se rencontre pas et ne se parle pas assez. Mais ces difficultés ne les arrêteront pas.

En conclusion, les participants ont décidé de convoquer des représentants de tous les organismes à une deuxième rencontre en juin. L’idée serait de créer un groupe représentant toute la communauté qui pourrait mieux coordonner les évènements existants et même en organiser de nouveaux. Certains se sont même engagés à lancer l’idée de 5 à 7 mensuels.

À Sudbury, il y a quelques années, nous avons tenu des États-généraux de la communauté. Ça a donné de véritables résultats : de nouvelles activités, des organismes qui collaborent et créent de plus gros évènements et une Place des Arts qui s’en vient. Je pense que cette concertation des forces vives d’une communauté est garante de l’avenir et les francophones de Cochrane sont sur la bonne voie.
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Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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