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mercredi, 27 avril 2016 06:00

Ah, notre université!

On a beaucoup parlé de la création d’une université franco-ontarienne depuis quelques mois. Trois lettres ouvertes d’universitaires et un blogue sur le site du journal Le Droit ont récemment relancé la question. TFO rapporte même que le ministre de l’Enseignement supérieur, Reza Moridi, aurait sous les yeux le rapport final d’un groupe de travail qui recommande la création d’une université de langue française dans le centre-sud, voir à Toronto.

Le ministre devrait relire les lettres ouvertes des professeurs de la Laurentienne, Joel Belliveau et Serge Miville. Tous deux lui expliquent clairement comment l’université doit voir le jour. Et elle n’est pas seulement à Toronto. Elle est partout en province.

Dans sa lettre, le professeur Joel Belliveau interpelle les recteurs des universités bilingues et leur demande de collaborer à la création de l’université franco-ontarienne. Cette collaboration sera cruciale. Pour sa part, le professeur Serge Miville explique pourquoi le bilinguisme institutionnel ne fonctionne pas et comment il assimile nos jeunes. Mais il va beaucoup plus loin. Il présente au gouvernement le plan de cette université, comment la créer et comment en assurer le succès. En fait, le gouvernement devrait lui donner un cachet de consultant pour ce précieux travail.

Miville voit grand, il voit une VRAIE université. Il parle d’abord d’une «solution globale», une université qui incorpore tous les programmes de langue française déjà offerts dans les universités bilingues, incluant les programmes avancés en médecine, en droit, en sciences et en génie. Selon lui, elle doit aussi offrir des programmes de maitrise et de doctorat afin de stimuler la recherche de calibre international. Finalement, le professeur Miville propose que tous ces programmes soient centralisés dans des édifices désignés comme francophones sur les campus existants.

La voilà notre université. Ce n’est plus l’étapisme d’un petit campus à Toronto qui pourrait ou ne pourrait pas prendre de l’ampleur dépendant de son succès. Ce n’est plus une petite université de langue française qui devra concurrencer les universités bilingues établies depuis des lustres et qui jouissent de gros budgets. Non, non, c’est une vraie université franco-ontarienne qui se donne toutes les chances de réussir et qui prend sa place parmi les autres.

Mais il y a un petit hic. Depuis le début de cette conversation sur l’université franco-ontarienne, le gouvernement nous dit qu’une université ce n’est pas comme un collège, que le ministère ne peut forcer les universités bilingues à transférer tous leurs effectifs francophones à la nouvelle institution comme il l’a fait pour les collèges. Sur cette question, je dis «bullshit!» Quand on détient les cordons de la bourse, on peut faire ce qu’on veut. Le ministère n’a qu’à couper le financement aux programmes français dans les universités bilingues. Ces dernières seront alors heureuses de transférer ces programmes à notre université. C’est d’ailleurs ce que les recteurs actuels auraient dû proposer il y a longtemps.

En tout cas, le plan Miville est le seul qui nous donnera une université digne de ce nom et, pour ma part, je n’accepterai rien de moins.

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Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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