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jeudi, 24 octobre 2013 14:18

Au pays de l’or noir

La compagnie TransCanada projette de construire un oléoduc pour transporter le pétrole de l’Ouest vers les ports de l’Est pour en faciliter l’exportation. Le tracé proposé par l’Energy East Pipeline Project passera par le Nord de l’Ontario (Hearst, North Bay, Mattawa, etc.). Le premier ministre canadien Stephen Harper a qualifié ce projet de «Nation-Builder». TransCanada a entrepris ses consultations publiques juste avant la publication du cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce rapport confirme les mauvaises nouvelles : les émissions de CO2 qui proviennent de la combustion des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) sont les principales responsables de graves problèmes que rencontre l’humanité (changement climatique, accessibilité à l’eau, impact sur l’agriculture, sur les infrastructures, sur la santé et sur le niveau des océans, etc.). En 2013, les activités humaines ont été responsables du rejet de 35 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Or, l’extraction, le raffinage et la combustion de pétrole à partir des sables bitumineux comptent parmi les causes importantes d’émission de CO2, pour un pétrole surtout destiné à l’exportation (63 % de la production totale en 2010). Dans ces conditions, qu’est-ce que ce projet d’oléoduc Energy East a d’intéressant pour le Nord de l’Ontario ? Les Canadiens n’ont pas besoin de tout ce pétrole. À preuve, les trois tentatives de construire un oléoduc pour exporter le pétrole vers le marché mondial. Enbridge a tenté de construire un oléoduc pour exporter le pétrole des sables bitumineux par la côte Ouest (le Northern Gateway). Ce projet est rejeté par les Britanno-Colombiens. Enbridge tente d’inverser l’écoulement de pétrole dans l’oléoduc Sarnia-Montréal, mais rencontre de l’opposition dans le Sud de l’Ontario et du Québec. TransCanada tente de construire l’oléoduc Keystone XL pour exporter le même pétrole vers la côte Sud des États-Unis. Encore là, ce projet insensé du point de vue de ses conséquences sur le climat trouve une très forte opposition aux États-Unis. Aujourd’hui, c’est par l’Est qu’est envisagée l’exportation de ce pétrole. Ce projet cause des inquiétudes dans le Nord de l’Ontario. À Thunder Bay, on s’inquiète de la qualité d’un plan d’urgence en cas de déversement. Tout cela pour peu d’emplois, pour un pétrole dont nous n’avons pas besoin et dont nous avons commencé à nous éloigner comme source d’énergie à cause de ses conséquences négatives. Quel dommage de brûler ce pétrole alors qu’il sert aussi à fabriquer une foule de produits à base de plastique, certes polluants mais durables. Il existe déjà des alternatives aux énergies fossiles : l’éolien, le solaire, le géothermique, etc. Depuis le premier rapport du GIEC en 1990, on sait qu’il faut diminuer rapidement notre dépendance aux énergies fossiles. Le cinquième rapport du GIEC montre qu’il est plus urgent d’investir sérieusement dans le développement des sources d’énergies alternatives et dans l’efficacité énergétique. Pourquoi penser alors que d’exploiter et d’exporter davantage de pétrole pourrait constituer un projet de développement national ?

François Boudreau et Anne Watelet, Sudbury

Lu 1513 fois Dernière modification le jeudi, 24 octobre 2013 14:22
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